Ce mercredi, l’Assemblée nationale doit examiner la motion de défiance contre le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Une procédure qui pourrait faire de lui le premier membre du gouvernement de l’ère Tshisekedi à être défenestré par les députés.
Les raisons de cette fragilité politique s’accumulent. Shabani est accusé de s’être rangé dans la fronde contre l’autorité du parti présidentiel, en faisant allégeance au camp Bizibu et au bloc Mbata-Tshilumbayi. Résultat, il n’a pas l’assurance de bénéficier du soutien des élus UDPS, majoritairement alignés derrière Augustin Kabuya.
La motion, longtemps retardée par des manœuvres dilatoires, est désormais inscrite à l’ordre du jour. Preuve que ses protecteurs politiques n’ont pas réussi à le mettre à l’abri. À cela s’ajoute l’absence de mot d’ordre clair de Félix Tshisekedi, qui laisse Shabani exposé à la sanction des députés.
Les partis alliés ne semblent pas prêts à lui tendre la main. L’UNC de Vital Kamerhe, humiliée lors de la perte du perchoir, n’a guère intérêt à sauver Shabani. L’AFDC de Bahati Lukwebo, dont les résolutions de congrès ont été bloquées par le ministre, pourrait régler ses comptes. Quant aux autres formations de l’Union sacrée, beaucoup voient en lui le protégé d’André Mbata, figure contestée au sein du présidium.
À ces fragilités politiques s’ajoutent des critiques plus personnelles. Son arrogance, son supposé manque de générosité envers les députés qu’il sollicitait, et une gestion sécuritaire jugée défaillante dans un pays en proie à des violences persistantes.
Ce mercredi, l’hémicycle sera le théâtre d’un bras de fer. Jacquemain Shabani joue sa survie politique, mais les signaux sont clairs : il est désormais dans l’œil du cyclone.
