Docteur Théophile Ponde (à l’extrémité gauche), coordonnateur provincial du PNHF. À l’extrémité droite, le docteur Roger Kamba, ministre de la Santé, à l’aéroport de Bunia.
Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai, le PNHF-Ituri, conduit par son coordonnateur, le docteur Théophile Ponde, a pris l’initiative de renforcer la surveillance sanitaire aux frontières et aux portes d’entrée et de sortie de la province.
«Nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher la garde. La frontière est notre première ligne de défense. Chaque minute compte quand il s’agit d’Ebola», a affirmé le docteur Théophile Ponde lors d’une mission d’inspection. La mobilisation de toute l’équipe du PNHF pour barrer la route au virus fait de son coordonnateur provincial l’un des visages les plus engagés de la riposte sur le terrain.
Une mobilisation immédiate
Dès le lendemain de la déclaration d’Ebola par le ministère de la Santé, le coordonnateur du PNHF-Ituri a mené une mission d’évaluation pour identifier les points d’entrée et de sortie de la ville de Bunia et de plusieurs territoires afin d’étudier les possibilités d’installer des check-points sanitaires et de contrôler l’état de santé des voyageurs.
Déjà à Kasenyi-Tchomia, aucun passager n’embarque sans contrôle. En plus, aucun engin flottant sans désinfection ne quitte les ports, selon les mesures renforcées par le PNHF.
«Depuis la déclaration officielle de la maladie à virus Ebola en date du 15 mai 2026, nous avons immédiatement renforcé les mesures barrières en vue de contribuer à son éradication. Aucun engin flottant ne quitte les ports sans désinfection», confie un responsable local du PNHF.
Même situation observée à Anzida, poste frontalier avec l’Ouganda. Ici, le dispositif a été également renforcé avec des agents du PNHF en rotation sept jours sur sept, assurant un contrôle systématique de la température et l’isolement immédiat des cas suspects.
Sur le terrain, des mesures concrètes, strictes et visibles sont mises en place par le PNHF-Ituri pour limiter et combattre la propagation du virus :
- Contrôle sanitaire systématique de tous les voyageurs, conducteurs et équipages;
- Lavage obligatoire des mains avec eau chlorée à chaque passage;
- Disponibilité permanente de savon et de gel hydroalcoolique;
- Respect des mesures de prévention et de contrôle des infections avec port correct des EPI;
- Désinfection systématique des surfaces, matériels et moyens de transport;
- Isolement temporaire sécurisé et référencement vers les équipes de riposte;
- Intensification des actions de santé publique aux frontières poreuses;
- Sensibilisation des communautés transfrontalières contre les rumeurs et l’infodémie; et,
- Coordination permanente avec les zones de santé et partenaires techniques.
À en croire le docteur Théophile Ponde, ces mesures ne sont pas seulement techniques. Elles sont conçues pour être visibles, afin de renforcer la confiance de la population et montrer que l’État congolais agit.
Pour lui, le PNHF-Ituri se veut très regardant face à l’urgence. Chaque voyageur doit obligatoirement se laver les mains avec de l’eau chlorée avant d’accéder aux guichets de contrôle. Des affiches en lingala, swahili et français rappellent les gestes barrières et les symptômes à surveiller. Les agents du PNHF-Ituri utilisent des thermomètres infrarouges pour détecter toute fièvre supérieure à 38 °C, entraînant un isolement immédiat.
La détermination du Dr Théophile Ponde
Le coordonnateur du PNHF-Ituri incarne la détermination de ce service. Sa présence régulière sur le terrain, ses inspections et ses messages de fermeté renforcent la visibilité du programme et rassurent les communautés.
«La vigilance ne doit pas se transformer en peur. C’est ensemble, avec discipline et solidarité, que nous maintenons l’Ituri hors de danger», insiste-t-il.
Le PNHF-Ituri veille notamment à maintenir un lien constant avec les zones de santé, les autorités locales et les partenaires techniques. Cette coordination lui garantit un partage rapide des informations épidémiologiques et une réaction immédiate en cas d’alerte.
Une riposte structurée et proactive
Il faut souligner que le PNHF-Ituri ne se limite pas au contrôle. Il s’investit dans la sensibilisation des voyageurs et des communautés transfrontalières, rappelant que la lutte contre Ebola exige discipline et solidarité. Les mesures appliquées aux frontières sont présentées comme une garantie de sécurité collective, laisse entendre le Dr Théophile Ponde.
Depuis le 15 mai, ce service de l’État s’impose comme un pilier de la riposte. En renforçant la surveillance, en multipliant les actions de prévention et en affichant une communication claire, le PNHF-Ituri, sous la conduite de son coordonnateur provincial, démontre sa détermination à barrer la route au virus et à protéger la province, ainsi que la République dans son ensemble.
Germain Aboki
