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«PLUS NOUS PERDONS UN JOUR, PLUS NOUS ALLONS VERS LA CATASTROPHE» : le gouverneur militaire de l'Ituri réclame des fonds rapides pour appuyer la riposte Ebola

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Le lieutenant-général Johnny Luboya, gouverneur militaire de l'Ituri
 
«Plus nous perdons un jour, plus nous allons vers la catastrophe» prévient Johnny Luboya. Le lieutenant-général, gouverneur de l’Ituri, alerte ce lundi sur une épidémie qui s’installe dans une province déjà minée par l’insécurité.

L’Ituri n’en est pas à sa première flambée d’Ebola. Mais cette fois, le contexte est plus sombre. «Aujourd’hui, l’Ituri subit des violences avec la présence des groupes armés», explique le gouverneur. Les attaques, les déplacements massifs et la promiscuité dans les camps créent un terrain propice à la propagation du virus. «Nous avons plus ou moins 61 sites de déplacés qui contiennent 970.000 déplacés», détaille-t-il.

Les conditions de vie dans les camps sont alarmantes. Manque de nourriture, maladies multiples, promiscuité. «Ces déplacés, parce qu’ils sont vulnérables, deviennent davantage vulnérables à cause de cette épidémie et de cette infodémie», insiste Johnny Luboya. La fragilité sociale nourrit la maladie autant que les rumeurs.

La lutte contre Ebola se mène dans un environnement de guerre. «Nous sommes dans un milieu opérationnel parce qu’il y a la guerre ici», rappelle le gouverneur militaire. Les équipes médicales sont attaquées, les centres de traitement ciblés. «Je suis sûr que vous avez été au courant de ce qui s’est passé à Mongwalu et à Rwampare, où on s’est attaqué au personnel et aussi au Centre de traitement», déplore-t-il.

La fermeture des aéroports a paralysé l’installation des équipes médicales. «Aujourd’hui, en Ituri, nous attendons qu’on installe ce personnel le plus tôt possible»,  plaide le gouverneur. Il souligne aussi l’importance de la communication. «La communication, c’est vraiment le grand nerf ici», affirme-t-il, convaincu qu’un déficit d’information peut provoquer de nouvelles attaques contre les structures sanitaires.

Le gouverneur militaire de l'Ituri réclame notamment des financements rapides. «Ces ressources financières doivent être disponibles parce qu’aujourd’hui, plus nous perdons un jour, plus nous allons encore vers la catastrophe», martèle-t-il. Le président de la République Félix Tshisekedi aurait également annoncé vingt millions de dollars pour soutenir la riposte, mais en province de l'Ituri l'on attend que ces fonds se traduisent en actions concrètes.

La Rédaction