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ITURI : la SCFV-RDC accuse l’état de siège de cacher les massacres de Mayalibo, B'assa et de Maze, d’intimider ses provinciaux ayant dénoncé ces crimes, et interpelle le Chef de l’État pour une enquête mixte

La Société Civile Forces Vives de la RDC (SCFV-RDC) dénonce un double drame en Ituri : le massacre de plus d’une centaine de civils à Mayalibo et B'assa le 28 avril, suivi d’autres tueries, dont la plus récente le 15 mai à Maze, dans le territoire de Djugu. Le Bureau National de la SCFV-RDC accuse l’administration militaire de l’Ituri non seulement de vouloir dissimuler ces crimes, mais aussi de poursuivre ses responsables provinciaux qui les ont dénoncés. 

Dans un communiqué publié ce lundi à Kinshasa, en présence de plusieurs de ses membres et de notables de l’Ituri invités, l’organisation accuse les autorités locales de vouloir «dissimuler l’ampleur du carnage» tout en «intimidant ceux qui osent en parler».


Selon le communiqué parvenu à notre Rédaction, «vers 3h00 du matin, après une attaque de la CRP contre la position des FARDC au village Ndje, s’en est suivi le carnage de plus d’une centaine de civils dont plusieurs corps n’ont jamais été mis en terre jusqu’à ce jour». La SCFV-RDC affirme que «l’administration militaire de l’Ituri semble vouloir volontairement cacher cet événement macabre».

La dénonciation de ce massacre a entraîné une vague d’intimidations. Le communiqué cite l’ingénieur Dieudonné Lossa, coordinateur provincial de la Société Civile Forces Vives en Ituri, et son adjoint, poursuivis par l’auditorat militaire de Bunia.

«On ne se moque pas indéfiniment des morts», rappelle le texte, fustigeant les menaces contre les voix qui ont dénoncé le drame. Jean Claude Katende, président de l’ASADHO, est également mentionné parmi les personnalités ciblées pour leurs prises de position.

Le Bureau National de la Société Civile Forces Vives de la RDC déplore que ni la conférence de presse du Président Félix Tshisekedi du 6 mai, ni les Conseils des ministres des 8 et 15 mai n’aient évoqué le massacre. Il exige «une enquête mixte, indépendante et urgente afin d’élucider les circonstances exactes de ces comportements barbares d’un autre temps».

La SCFV-RDC exhorte le Président de la République à agir. «La population de l’Ituri attend votre dernier mot pour le déploiement d’une mission d’enquête et vous exhorte à empêcher toute autre mission parallèle qui pourrait détruire les indices des crimes», conclut le communiqué.

Ci-dessous, l'entièreté du communiqué du Bureau National de la SCFV-RDC :


La Rédaction