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ITURI : l'OMS et gouvernement congolais mobilisent des équipements pour contenir Ebola dans l'Est de la RDC

Un important lot de matériels et d’équipements médicaux a été acheminé ce dimanche à Bunia par le ministre de la Santé, Roger Kamba, accompagné de la représentante intérimaire de l’OMS, Anne Ancia. Cette livraison vise à renforcer la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui frappe de nouveau la province de l’Ituri.

En attendant, une cargaison supplémentaire de 18 tonnes de fournitures essentielles est en cours d’acheminement vers la RDC. Selon l’OMS, ce matériel comprend des équipements de protection individuelle, des kits de diagnostic et de prélèvements, ainsi que des tentes et des lits d’hôpital. Les fournitures proviennent des centres d’urgence de WHOAFRO à Dakar et Nairobi. Leur transport pourrait être facilité par la MONUSCO par voie aérienne afin d’accélérer leur arrivée sur le terrain.

La propagation du virus inquiète. L’OMS a déclaré que l’épidémie en RDC et en Ouganda constitue une urgence de santé publique de portée internationale, conformément aux dispositions du Règlement sanitaire international.

Sur le terrain, les conséquences se font déjà sentir. Les frontières entre la RDC et le Rwanda ont été partiellement fermées après la découverte de cas suspects de Congolais en provenance d’Ouganda, interceptés en transit au poste de Cynanika, en direction de Goma. Seuls les nationaux sont autorisés à rentrer dans leur pays, sans possibilité de traverser dans l’autre sens.

La situation en Ituri devient extrêmement préoccupante. Quatre cas sont déjà confirmés en RDC et plus de 400 suspects recensés, dont plus de 100 décès. La souche en circulation est Bundibugyo, apparue pour la première fois en Ouganda en 2007. Elle avait déjà provoqué deux épidémies, en 2007 en Ouganda et en 2012 en RDC, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 50 %. Aucun vaccin ni traitement homologué n’existe contre cette souche, ce qui accroît sa dangerosité. La transmission se fait par tous les fluides corporels, ce qui impose une vigilance extrême.

Les autorités sanitaires rappellent qu’il est impératif de ne pas manipuler ni déplacer un corps suspect sans contacter les services compétents. Le lavage rigoureux des mains, l’évitement de tout contact avec des cas suspects et la dénonciation rapide de toute suspicion sont considérés comme des gestes vitaux.

Avec plus de 400 cas suspects et plus de 100 décès liés à Ebola Bundibugyo, la propagation rapide vers plusieurs territoires et provinces inquiète. Le retard dans la détection, le suivi des contacts, l’isolement des cas et la communication claire risque de conduire à un véritable chaos sanitaire.

NE.