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MAHAGI : un premier cas suspect d’Ebola meurt après son admission à l’hôpital !

Un cas suspect d’Ebola est décédé à l’hôpital de la zone de santé de Logo, située dans le territoire de Mahagi, à 185 kilomètres de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), a révélé mercredi le médecin-chef de cette entité sanitaire à la presse.

«Il y a effectivement un cas qui est venu de Bunia. Il s’agit d’un enfant décédé peu après son admission, présentant des signes similaires à ceux d’Ebola, notamment la fièvre, les hémorragies, les vomissements et la diarrhée. Au regard des symptômes présentés, nous avons suspecté qu’il pouvait s’agir de l’épidémie d’Ebola», a déclaré le docteur Josée Ngomoko, médecin-chef de la zone de santé de Logo.

À cette occasion, elle a exprimé ses inquiétudes face aux nombreux enterrements de corps en provenance des zones de santé touchées par l’épidémie d’Ebola, notamment Bunia et Mongbwalu.

«Ce qui nous inquiète, ce sont les corps ramenés de Bunia et de Mongbwalu pour être enterrés dans nos villages, notamment à Ndrele et Umoyo. Nous ne savons pas de quoi ces personnes sont réellement décédées», s’est-elle interrogée.

Le docteur Ngomoko a appelé la population de la zone de santé de Logo ainsi que celle du territoire de Mahagi au strict respect des mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains au savon ou à l’eau chlorée, l’évitement des contacts physiques et des attouchements.

C’est le premier cas suspect notifié en territoire de Mahagi qui partage la frontalière avec la République de l’Ouganda.

Rappel historique

Cette épidémie d’Ebola Bundibugyo déclarée le 15 mai par le ministre congolais de la Santé est la dix-septième enregistrée.

Ebola  a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.

L’épidémie d’«Ebola Zaïre» de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part  2.200 morts dans la  même région.

Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le directeur de l’INRB Jean-Jacques Muyembe.

L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, «déjà démontré lors des réponses récentes» pour lutter contre Ebola.

Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.

Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes : lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.

Il faudra également éviter le contact avec les liquides biologiques,  ne pas toucher le sang, la salive, la sueur, les vomissements, l’urine ou d’autres liquides corporels d’une personne malade ou décédée et isoler des personnes malades.

Les personnes présentant des symptômes doivent être rapidement isolées et prises en charge dans un centre de santé.

Quant aux agents de santé et des proches des malades  il leur est demandé le port d’équipements de protection,  des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.

Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.

La maladie d’Ebola a été découverte pour la première fois en 1976 en RDC par le médecin congolais Jean Jacques Muyembe.

ACP