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PROPAGATION FULGURANTE D’EBOLA EN ITURI : négligence dans la riposte ?

Photo d'illustration 

Une semaine après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola, le 15 mai dernier, la province de l’Ituri s’enfonce dans une crise sanitaire qui prend des allures incontrôlables.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au 21 mai, 600 cas suspects recensés, 39 confirmés en laboratoire, 139 décès suspects. Six zones de santé sur neuf sont désormais touchées. Et pourtant, les centres de traitement ne sont toujours pas opérationnels.

Le ministre de la Santé est passé, des tonnes d’équipements ont été annoncées à Bunia, mais sur le terrain les hôpitaux saturent. Plus un lit disponible dans les structures d’isolement, obligeant des malades présentant des symptômes à rester dans leurs communautés avec tous les risques d’accentuer la contamination.

La riposte sérieuse semble buter sur la négligence de ceux censés vraiment se soucier de cette crise sanitaire, notamment les autorités locales. Certains patients préfèrent l’automédication, faute de communication claire et de sensibilisation de masse.

De Mongwalu à Bunia, la défiance communautaire s’installe face à la défaillance ou mieux, à l’absence de stratégies pour limiter la propagation. Conséquence, à Rwampara par exemple, un jeune suspect décède ce jeudi 21 mai, sa famille exige le corps, les soignants refusent. La tension dégénère, projectiles, véhicules endommagés, et dans la confusion, six patients, confirmés et suspects s’évadent pour se fondre dans la population, des tentes accueillant les malades sont incendiées par des jeunes en colère. Une vraie scène de chaos.

La Division provinciale de la Santé et les autorités locales semblent regarder ailleurs. Pas de stratégie de communication, pas de sensibilisation de masse, il faut y insister. Les structures citoyennes ne sont pas mobilisées, la presse locale tente d’alerter mais sans coordination, sans moyens et sans une communication de crise mise en œuvre par la Division provinciale de la Santé, son engagement reste inaudible. Résultat, une épidémie qui progresse chaque jour, chaque seconde, sans frein.

Même à Bunia, chef-lieu de l’Ituri où plusieurs tonnes d’équipements sont déjà arrivées, les structures médicales sont saturées. Les ONG comme MSF alertent sur l’urgence, mais la riposte reste inefficace car visiblement pas prise au sérieux.

En vérité, la province de l’Ituri est au bord du gouffre. L’épidémie s’étend aux yeux de tout le monde. Les gens meurent, les cas suspects explosent comme si la riposte n’existait pas. Et une question s’impose, que fait réellement l’État pour éviter que l’Ituri ne devienne le nouveau foyer incontrôlable d’Ebola en Afrique centrale ?

NE.