Une équipe de chercheurs français et internationaux a publié jeudi sur la plateforme scientifique medRxiv des résultats préliminaires indiquant que les vaccins autorisés contre Ebola Zaïre pourraient induire une réponse immunitaire partielle contre le virus Bundibugyo.
L’étude, menée dans le cadre de l’essai clinique PREVAC en Afrique de l’Ouest, a analysé 179 échantillons de sang de volontaires vaccinés avec Ervebo (rVSV-ZEBOV, Merck) ou le schéma à deux doses Zabdeno-Mvabea (Janssen).
Les chercheurs ont observé que les deux vaccins généraient des anticorps capables de reconnaître Bundibugyo, mais à des niveaux nettement inférieurs à ceux produits contre la souche Zaïre. Chez les participants ayant reçu Ervebo, la réponse médiane était environ six fois plus faible contre Bundibugyo que contre Zaïre-Kikwit, 28 jours après vaccination.
Les auteurs soulignent qu’il n’existe pas de seuil validé permettant de traduire ces niveaux d’anticorps en protection clinique réelle. Ils estiment néanmoins qu’une immunité croisée partielle est biologiquement plausible et appellent à une évaluation urgente dans le contexte de l’épidémie actuelle.
La position de l’OMS
Des experts de l’OMS partagent l’urgence d’évaluer ces vaccins, mais posent une limite claire : Ervebo ne doit pas être utilisé hors d’essais cliniques strictement encadrés. Selon eux, les données disponibles restent limitées et non concluantes.
De nouveaux candidats en préparation
L’OMS a identifié deux vaccins spécifiques à Bundibugyo :
- rVSV Bundibugyo (IAVI), dont les essais cliniques pourraient débuter dans 7 à 9 mois.
- ChAdOx1 Bundibugyo (Université d’Oxford/Serum Institute of India), potentiellement prêt pour une évaluation dans 2 à 3 mois, sous réserve de résultats supplémentaires sur les modèles animaux.
Options thérapeutiques prioritaires
Pour le traitement, trois candidats sont jugés prioritaires : les anticorps monoclonaux MBP134 et Maftivimab, ainsi que l’antiviral remdesivir. En prophylaxie post-exposition, l’antiviral oral obeldésivir est identifié comme option, mais son efficacité dépend d’un traçage rigoureux des contacts, difficile à garantir dans certaines zones touchées.
