La majorité présidentielle, réunie au sein de l’Union Sacrée de la Nation, a vivement réagi à une récente déclaration attribuée à des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur la question du changement de la Constitution. Dans un communiqué publié mardi à Kinshasa, la plateforme politique au pouvoir dénonce ce qu’elle qualifie d’«acte de subversion dirigé contre les institutions légitimes et démocratiquement établies».
Cette prise de position intervient dans un contexte de débat croissant autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo, un sujet qui suscite de vives discussions au sein de la classe politique, de la société civile et des confessions religieuses.
Dans sa déclaration, l’Union Sacrée affirme avoir suivi «avec indignation» les propos tenus par certains prélats catholiques le 20 juin dernier au nom de la CENCO. Tout en reconnaissant «à chaque citoyen congolais le droit de participer au débat démocratique sur la réforme constitutionnelle», la coalition présidentielle estime que les évêques concernés ont franchi une ligne rouge.
«Cette déclaration n’est rien d’autre qu’un acte de subversion dirigé contre les institutions légitimes et démocratiquement établies», affirme le document.
La plateforme accuse également les responsables religieux d’avoir tenu des propos «incitant à manifester, au soulèvement populaire et au renversement de l’ordre constitutionnel», des accusations qui risquent d’alimenter davantage les tensions entre le pouvoir et l’Église catholique.
Référence à la laïcité de l’État
L’Union Sacrée rappelle par ailleurs que la RDC est «un État laïc» et soutient que «quelques évêques de la CENCO» ne peuvent prétendre détenir seuls la vérité sur une question qui engage l’avenir du pays.
Le communiqué va plus loin en accusant certains prélats d’être en «accointance» avec l’ancien président Joseph Kabila ainsi qu’avec le président rwandais Paul Kagame.
«Quelques Évêques de la CENCO ne peuvent se substituer ni aux institutions de la République ni au peuple congolais souverain», souligne la déclaration.
Appel à un référendum
La plateforme politique au pouvoir plaide pour que la question de la réforme constitutionnelle soit tranchée par voie référendaire. Elle appelle les évêques concernés à «faire preuve de retenue» afin de permettre au peuple de se prononcer librement sur son avenir politique.
Selon l’Union Sacrée, le recours au référendum constituerait le cadre approprié pour déterminer l’orientation institutionnelle du pays et garantir la légitimité d’éventuelles réformes.
Soutien renouvelé à Félix Tshisekedi
Dans son communiqué, la coalition au pouvoir réaffirme également son soutien au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’elle présente comme la « Haute Autorité politique » de l’Union Sacrée.
«Nous réaffirmons notre engagement pour le changement de la Constitution et réitérons notre soutien indéfectible et notre loyauté» au chef de l’État, conclut le texte.
Un débat appelé à s’intensifier
La question d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution pourrait s’imposer comme l’un des principaux enjeux politiques des prochains mois en RDC. Si les partisans de la réforme invoquent la nécessité d’adapter les institutions aux réalités actuelles du pays, plusieurs acteurs politiques, religieux et de la société civile mettent en garde contre les risques de polarisation et appellent au respect du cadre constitutionnel en vigueur.
La Rédaction

