Ebola en Ituri, le président de la République Félix Tshisekedi a annoncé ce mardi 23 juin son arrivée en Ituri dans les prochains jours, une descente sur le terrain pour un suivi personnel de la riposte, a-t-il déclaré.
Cette annonce intervient alors que l’épidémie causée par le virus Bundibugyo a franchi le seuil des mille cas confirmés. L’OMS l’a classée urgence de santé publique internationale dès le 17 mai, soulignant une propagation rapide et une expansion géographique inquiétante.
En Ituri, plus de 91 % des contaminations sont concentrées, dans un contexte où l’insécurité, la mobilité des populations et la faiblesse des infrastructures sanitaires compliquent toute riposte.
C'est dans ce climat que «Je voudrais aussi, par la même occasion, annoncer ici ma descente très prochaine dans la province de l’Ituri, justement sur le lieu même de l’épidémie, pour faire le suivi personnellement. Mon engagement est donc total», a déclaré le président lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue burundais à Kinshasa.
Il faut souligner que sur le terrain, la réalité est implacable. Les malades dénoncent une prise en charge insuffisante dans certains hôpitaux. Au moins six agents de santé ont perdu la vie face au virus, tandis que leurs collègues continuent de travailler dans des conditions décrites comme difficiles. Les témoignages recueillis, souvent sous anonymat, pointent particulièrement les hôpitaux privés où le manque de moyens et la pression quotidienne rendent la riposte encore plus fragile.
Les camps de déplacés, saturés par une forte concentration de populations, demeurent exposés sans dispositifs de prévention renforcés. Dans ce contexte, la Division provinciale de la santé, censée assurer la coordination et porter la responsabilité de la santé publique en Ituri, apparaît dépassée et presque absente face à l’ampleur de la crise.
La fracture est manifeste entre les déclarations officielles qui mettent en avant quelques cas de guérison et la réalité quotidienne où les décès continuent de s’accumuler, sous le silence des autorités mais de plus en plus exposés sur les réseaux sociaux avec l’avancée du numérique.
Des familles entières sont frappées par la maladie, alors que certaines zones de santé n’auraient toujours pas reçu les équipements indispensables pour la riposte et la prévention, malgré les alertes répétées de la société civile. L’absence d’un vaccin homologué ou de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo accentue la gravité de la crise et révèle les limites d’une réponse sanitaire déjà fragilisée.
Et donc, face à la situation critique d’Ebola, il y en a même qui pensent que la ville de Bunia devrait être confinée. L’aéroport, fermé puis rouvert, s’est vu à nouveau suspendre aux vols commerciaux, des signes qui ne trompent pas sur la gravité de la situation.
Dans ces conditions, la visite annoncée de Félix Tshisekedi en Ituri apparaît comme un geste destiné à rassurer et à donner un nouvel élan à la riposte contre Ebola. Mais elle sera jugée non pas sur les déclarations, mais sur la capacité réelle à transformer cette descente en mesures concrètes capables de freiner la propagation du virus et de redonner confiance à une population en détresse.
En tout cas, la gravité de la situation actuelle impose une mobilisation exceptionnelle, bien au-delà des réflexes habituels. Dans un contexte où les critiques locales se multiplient et où les réseaux sociaux exposent chaque jour la réalité des décès et des manques, la descente du président de la République est vivement attendue par la population de l'Ituri.
NE.
