Le député national Paul Babangu, réélu de l’Ituri et président du Conseil d’administration de la CNSS, s’est exprimé une nouvelle fois de manière claire dans le débat sur le changement de la Constitution face aux critiques des prélats catholiques. Pour lui, il ne s’agit pas d’une crise institutionnelle mais du signe d’une démocratie vivante. Il appelle la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) à accompagner ce moment historique sans diviser les fidèles.
Paul Babangu insiste sur la légitimité du projet porté par l’Union Sacrée. Il rappelle que l’article 5 de la loi fondamentale stipule que la souveraineté appartient au peuple. «Consulter le souverain primaire par référendum n’est pas un coup de force, c’est l’essence même de la démocratie», affirme-t-il.
Dans son plaidoyer, il reconnaît que l’opposition a le droit de s’opposer, mais souligne que cette posture relève du jeu normal des contre-pouvoirs. «Le refus de l’opposition est une posture politique compréhensible, nourrie par ses propres calculs et sa vision critique», explique-t-il.
Le député met en lumière les deux visions qui s’affronteront lors de la campagne référendaire. D’un côté, l’Union Sacrée défendra le «OUI» en estimant que l’actuel texte, hérité des compromis de Sun City, est inadapté face aux menaces sécuritaires.
«Maintenir ce statu quo profite aux agresseurs et à ceux qui privilégient leur ego face à l’urgence sécuritaire», martèle l'honorable Paul Babangu. De l’autre côté, l’opposition brandira le «NON» en affirmant que ce projet vise à accorder un troisième mandat au président Tshisekedi et que changer de Constitution dans un contexte d’occupation partielle du territoire comporte un risque de balkanisation.
Face à ces narrations croisées, Paul Babangu exhorte l’Église à rester au milieu du village. «La CENCO et toutes les confessions religieuses doivent observer une stricte neutralité. L’Église est le sanctuaire de tous les Congolais, de la majorité comme de l’opposition», insiste-t-il.
Il rappelle que les contextes politiques ne sont pas comparables. «L’époque de Joseph Kabila n’est pas celle de Félix Tshisekedi. Hier, le débat portait sur le glissement des mandats sans élection. Aujourd’hui, il s’agit d’un retour transparent et direct vers le peuple par la voie sacrée du référendum», précise le député national réélu de l'Ituri.
Sans détour, Paul Babangu invite les évêques à se consacrer exclusivement à leur mission évangélique et pastorale. Selon lui, cette attitude permettra aux Congolais de décider de leur destin dans la paix, l’unité et la maturité civique.
La Rédaction
