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SOUVERAINETÉ et DÉFENSE DE LA PATRIE - RDC : pour l’Hon. Paul Babangu, «le cadre constitutionnel actuel s’avère incomplet, il nous faut une Constitution de résilience, d’unité et de souveraineté»

Honorable Babangu Wababu Paul, député national et PCA de la CNSS

Pendant que certains agitent l’épouvantail du changement constitutionnel comme une menace existentielle, l’honorable Paul Babangu choisit de poser le débat sur le terrain de la raison. Le député national et président du Conseil d’administration de la CNSS est sorti du silence ce mercredi pour défendre la nécessité d’adapter la Constitution congolaise aux réalités d’un pays qui n’est plus celui de 2006.  

D’entrée de jeu, «l’essence et la beauté de la démocratie résident fondamentalement dans la tolérance, la liberté d’expression, de pensée et d’action. C’est précisément au nom de ces principes qu’il convient d’analyser la volonté du gouvernement congolais de doter la République démocratique du Congo d’un nouvel arsenal constitutionnel et juridique», a rappelé, dans ce débat, l’honorable Paul Babangu.  

Une nouvelle époque  

Pour le député national réélu de l’Ituri, la réflexion engagée ne vise pas à remettre en cause les fondements démocratiques du pays, mais à interroger l’adéquation entre les institutions actuelles et les réalités auxquelles la RDC est confrontée.  

Et donc, «l’objectif est d’adapter nos lois fondamentales aux réalités générationnelles actuelles, afin que le pays ne subisse plus les rigidités d’un texte qui a largement montré ses limites opérationnelles», a soutenu Paul Babangu.  

Sans ambiguïté dans son argumentaire, le député national a invoqué la pensée de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, qui considérait que les constitutions devaient évoluer avec les sociétés qu’elles encadrent.  

Et alors très convaincant dans son opinion, «une génération ne peut indéfiniment soumettre les générations futures à des textes sacralisés qui ne répondent plus aux impératifs du présent», a rappelé le PCA de la CNSS, une référence qui inscrit sa réflexion dans une conception dynamique des institutions, selon laquelle les textes fondamentaux ne sauraient être détachés des réalités politiques, sociales et sécuritaires de leur époque.  

Le poids du contexte  

Ici, l’élu de l’Ituri estime également que le contexte ayant présidé à l’adoption de la Constitution du 18 février 2006 ne peut être ignoré dans le débat actuel.  

Élaborée à l’issue d’une période marquée par les conflits armés, la transition politique et la recherche d’un compromis entre les différentes composantes du pays, cette Constitution répondait alors à des impératifs spécifiques de stabilisation et de reconstruction de l’État, à l’en croire.  

Cependant, près de vingt ans plus tard, le paysage sécuritaire et géopolitique congolais a profondément évolué, a expliqué Paul Babangu dans le fond de son message. « Vingt ans plus tard, la donne a radicalement changé. La RDC fait face à des défis existentiels majeurs, l’agression rwandaise par le biais de ses supplétifs du M23, l’occupation d’une partie de notre territoire, la persistance des menaces terroristes des ADF-MTN, ainsi que l’activisme de groupes armés locaux réfractaires aux différents processus de paix», a-t-il souligné.  

Pour lui, ces nouvelles menaces imposent une réflexion sur la capacité du cadre institutionnel actuel à répondre efficacement aux impératifs de défense, de cohésion nationale et de préservation de la souveraineté.  

L’enjeu sécuritaire  

Au-delà de la question juridique, le député inscrit le débat constitutionnel dans une problématique plus large liée à la résilience de l’État congolais. «Face à cette crise sécuritaire et humanitaire sans précédent, le cadre constitutionnel actuel s’avère incomplet pour garantir pleinement la souveraineté et la défense de la patrie. Il nous faut une Constitution de résilience, d’unité et de souveraineté», a-t-il estimé.  

À l’entendre, cette approche place la réforme institutionnelle dans une perspective de consolidation de l’État face aux défis sécuritaires qui affectent particulièrement l’est du pays depuis plusieurs décennies.  

Les critiques adressées à l’opposition  

L’honorable Paul Babangu profite également de cette intervention pour répondre aux critiques formulées par certains opposants au projet de changement constitutionnel. 

Selon lui, une partie de la classe politique adopte une posture qu’il juge contradictoire. «Certains compatriotes ont choisi de pactiser avec les ennemis de la nation, s’inscrivant dans une quête du pouvoir pour le pouvoir, dénuée de toute volonté réelle de servir le peuple souverain», a-t-il affirmé.  

Le député va plus loin en estimant que plusieurs figures dans l’opposition particulièrement hostiles à toute évolution constitutionnelle portent elles-mêmes une part de responsabilité dans les crises traversées par le pays.  

«Les opposants les plus farouches au changement constitutionnel se recrutent parfois parmi ceux qui, parrainant l’opposition armée, ont ensanglanté l’est du pays. Aujourd’hui, ils tentent de s’ériger en donneurs de leçons morales et juridiques», a-t-il avancé.  

Le débat national  

Pour conclure, Paul Babangu appelle à ce que la discussion sur l’avenir institutionnel de la RDC se déroule avant tout sur le territoire national et au contact direct de la population.  

«Le débat constitutionnel ne doit pas se confiner dans le confort des salons de l’exil, où certains profitent de ressources détournées au détriment du contribuable congolais sous les régimes passés. La démocratie exige du courage et de la redevabilité», a indiqué le député national. 

Pour l’élu de la circonscription d’Irumu, en province de l’Ituri, les responsables politiques opposés à toute réforme devraient défendre leurs positions devant les citoyens confrontés quotidiennement aux conséquences de l’insécurité et des fragilités institutionnelles. 

«C’est ici, sur le sol national, face au peuple congolais qui endure les affres de la guerre, qu’ils doivent venir justifier leur refus de voir le pays se doter d’institutions plus fortes et adaptées. C’est devant ce peuple, et non par procuration, qu’ils devront répondre de leurs choix», a-t-il conclu. 

Sans aller par le dos de la cuillère, l’honorable Paul Babangu considère que le débat constitutionnel ne peut être dissocié des mutations qu’a connues la RDC depuis au moins deux décennies.  

Germain Aboki