À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, la Fédération des Comités des Pêcheurs du Lac Albert (FECOPELA) a adressé un message fort aux autorités nationales. Tout en félicitant le peuple congolais en ce jour de fête, elle dénonce un climat de désordre et de souffrance qui mine la vie des communautés de pêcheurs sur le lac Albert.
La FECOPELA rend hommage à ces travailleurs qui, malgré l’insécurité et la précarité, assurent chaque jour la sécurité alimentaire, créent des emplois et participent au développement économique du pays. Mais elle souligne que le lac est devenu un espace de confusion où les responsabilités des services de l’État se chevauchent, laissant les pêcheurs exposés aux abus et à l’exploitation.
Un climat de chaos
Selon la fédération, au lieu d’encadrer et de protéger, certains agents étatiques rançonnent et harcèlent les pêcheurs. La présence de groupes armés tels que la FRPI accentue encore la violence, avec des pillages et des extorsions commis souvent au vu et au su de tous. La FECOPELA laisse entendre que cette situation est intolérable et appelle à une action urgente.
Clarifier les rôles
La fédération insiste sur une règle simple. Les pêcheurs doivent pouvoir travailler librement, tandis que les services techniques doivent réglementer de manière transparente et équitable. Concernant les filets sennes, elle demande à l’État de prendre une décision claire et concertée, respectueuse des réalités sociales.
La sécurité avant les taxes
La FECOPELA juge injuste d’exiger des taxes ou des paiements avant même de garantir la sécurité des pêcheurs. La protection des personnes et de leurs biens doit être la priorité absolue. Sans sécurité, toute exigence administrative devient une charge insupportable, note-t-elle.
Six mesures urgentes
La fédération formule six demandes prioritaires aux autorités congolaises et à leurs partenaires :
- Restaurer la sécurité sur le lac Albert en neutralisant les groupes armés,
- Mettre fin à l’anarchie administrative en clarifiant les compétences des services,
- Protéger les pêcheurs contre les violences et les extorsions,
- Garantir une réglementation juste et concertée de la pêche,
- Sanctionner les agents impliqués dans le rançonnement et les perceptions illicites,
- Renforcer la coopération avec l’Ouganda pour une gestion pacifique et durable du lac.
Un appel à la justice
La FECOPELA conclut que les pêcheurs ne réclament ni privilège ni faveur, mais simplement le droit de travailler en paix. Elle exhorte l’État à assumer pleinement sa mission régalienne de protection et à mettre fin aux humiliations et aux souffrances quotidiennes de ceux qui nourrissent la nation.
La Rédaction
