Un jour après le départ de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, des agents engagés dans la riposte contre Ebola ont manifesté ce samedi au Centre de traitement Ebola (CTE) Elikya, situé à Bunia. Ils réclament le paiement de deux mois d’arriérés de primes.
Les manifestants dénoncent le retard dans le versement de leurs rémunérations et exigent une intervention rapide des autorités pour régulariser leur situation. Cette colère survient seulement vingt-quatre heures après la clôture de la mission d’évaluation de la Cheffe du Gouvernement en Ituri, épicentre de l’épidémie, où elle était venue évaluer la riposte, soutenir les familles affectées et encourager les équipes mobilisées.
La contestation intervient alors que Judith Suminwa avait assuré lors de sa visite que «Le problème des moyens financiers ne se pose plus. Maintenant, il faut s’assurer que toute la logistique est prise en charge». Cette déclaration, prononcée avant son départ de Bunia vendredi, visait à rassurer les équipes et la population sur l’engagement du Gouvernement.
Pourtant, le mouvement de protestation révèle un décalage entre les annonces officielles et la réalité vécue par les agents sur le terrain. Les revendications mettent en lumière les difficultés persistantes dans la gestion des ressources et la distribution des primes, malgré les cinquante millions de dollars américains débloqués par Kinshasa pour renforcer la riposte.
Cette manifestation souligne les tensions sociales qui peuvent fragiliser la lutte contre Ebola. Les agents de santé, en première ligne face au virus, réclament non seulement des moyens logistiques mais aussi la reconnaissance de leurs efforts à travers le paiement régulier de leurs primes.
Le contraste entre les engagements financiers annoncés et les revendications des équipes de terrain constitue un signal d’alerte pour les autorités, appelées à agir rapidement afin d’éviter que la contestation ne perturbe la riposte dans une province déjà marquée par l’insécurité et les déplacements de populations.
La Rédaction
