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| M. Thomas Lubanga, chef rebelle de la CRP lors d'une conférence de presse à Kampala |
La Coalition pour la Révolution Populaire (CRP), mouvement armé dirigé par Thomas Lubanga dans le territoire de Djugu, en Ituri, traverse sa plus grave crise depuis sa création.
Selon le dernier rapport du Groupe d'experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo, ses effectifs sont passés d'environ 3 000 combattants en novembre 2025 à près de 1 000, conséquence d'une série de défections qui ont profondément fragilisé son appareil militaire et politique.
Les experts de l'ONU décrivent un mouvement en perte de cohésion, miné par les départs de plusieurs responsables et de nombreux combattants. «Une vague récente de défections au sein de l'équipe dirigeante a fragilisé la cohésion interne de la CRP/FRP ainsi que la base sur laquelle elle s'appuyait», souligne le rapport.
Cette érosion des effectifs marque un tournant pour cette rébellion, qui avait cherché ces dernières années à s'imposer comme un nouvel acteur majeur de l'insécurité en Ituri. Désormais, le groupe voit sa capacité opérationnelle se réduire considérablement, au moment où les dissensions internes se multiplient.
Face à cet affaiblissement, la CRP/FRP aurait tenté de reconstituer ses forces au-delà des frontières congolaises. Le Groupe d'experts affirme que le mouvement a développé sans succès des réseaux de recrutement dans des camps de réfugiés en Ouganda, avec l'appui présumé d'Innocent Kaina, personnalité visée par des sanctions internationales. Parmi les nouvelles recrues figureraient d'anciens membres de la rébellion du M23, selon les conclusions du rapport.
En Ituri, les experts indiquent que le groupe armé recrutait principalement au sein des communautés regroupées dans la plateforme dite «G5», composée de communautés se présentant comme victimes des violences récurrentes dans la province. Une part importante de ces recrues provenait également de la milice Zaïre. Le rapport accuse par ailleurs la CRP/FRP d'avoir exploité la précarité des personnes déplacées, en utilisant des discours de propagande et des promesses trompeuses pour attirer de nouveaux combattants.
Sur le terrain politique, les efforts de la rébellion pour accroître sa légitimité n'ont pas davantage porté leurs fruits. Les experts estiment que les divisions internes, combinées aux difficultés de recrutement, ont accéléré le déclin du mouvement.
En quelques mois seulement, la perte de plusieurs cadres et l'effondrement des effectifs ont profondément réduit les capacités de la CRP/FRP, conclut le rapport des Nations unies, qui décrit un groupe armé engagé dans une phase de net recul, même si ses réseaux de recrutement et sa capacité de nuisance demeurent des sujets de préoccupation pour la sécurité en Ituri.
La Rédaction
