Le document rappelle que lors des offensives de février 2026, notamment la frappe contre le quartier général de Musa Baluku, «bien que du matériel important ait été saisi, notamment plus de 200 kg de matières explosives, plus de 100 engins explosifs improvisés et plusieurs fusils d’assaut de type AK, ces opérations n’ont pas permis de neutraliser les hauts responsables des ADF».
Les combattants se sont repliés vers des zones forestières plus reculées, compliquant davantage leur traque, poursuit le rapport. Selon les experts, les offensives ont contribué à disperser les ADF, éloignant progressivement le groupe de la frontière ougandaise mais élargissant la zone de danger pour les populations civiles.
Les massacres récents dans les territoires de Beni et Mambasa illustreraient cette dynamique. La Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a condamné ces violences le 9 mai 2026, appelant à «cesser immédiatement les attaques contre les civils et agir dans le strict respect du droit international applicable».
Le rapport note également que les FARDC ont intensifié leur collaboration avec des groupes armés dits Wazalendo, tels que l’Union des patriotes pour la libération du Congo (UPLC), le Nduma Défense du Congo-Rénové (NDC-R) et l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS).
Ces milices ont participé à des opérations dans le territoire de Lubero et sur le site minier de Muchacha. Le rapport évoque aussi la mort présumée de Muhammad Kasibante, alias Difenda ou Defender, lors d’affrontements le 14 mars 2026, sans confirmation indépendante.
La persistance des violences, malgré l’état de siège instauré depuis cinq ans et les opérations conjointes, accentue la crise humanitaire. Pour tenter de renforcer l’efficacité de Shujaa, un mémorandum d’entente révisé a été signé en juin 2025 entre le général Muhoozi Kainerugaba et le lieutenant général Jules Banza Mwilambwe.
Ce texte prévoit l’élargissement des opérations en Ituri, la sécurisation des travaux de réhabilitation de la route Kasindi-Beni-Butembo et le maintien d’une équipe conjointe de renseignements. Les forces ougandaises disposent désormais d’un champ d’action élargi pour appuyer les FARDC dans la traque des ADF et d’autres groupes armés.