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| Un cimetière - Photo d'illustration |
Dans ses révélations parvenues à NouvelEchoRdc ce mardi, un député provincial de l'Ituri affirme qu'un cimetière situé au village de Mungamba, dans le groupement Bakpulu, chefferie de Walese-Vokutu, territoire d'Irumu, aurait été vendu pour 16 000 dollars américains, une transaction qu'il qualifie de potentiellement illégale et qui, selon lui, nécessite une intervention urgente des autorités.
Dans son message, Isaac Lebisabo indique avoir été informé par plusieurs sources concordantes qu'un particulier identifié sous le nom de Kangizi aurait acquis ce cimetière pour un montant de 16 000 dollars américains.
Le député provincial souligne que le cimetière demeure un lieu d'inhumation reconnu. Selon lui, la dernière sépulture y a été effectuée à la fin de l'année 2025. Il affirme également que le présumé acquéreur aurait déjà entrepris des travaux de construction sur le site, suscitant de vives inquiétudes au sein de la communauté locale.
Si les faits étaient établis, Isaac Lebisabo estime qu'ils constitueraient une atteinte grave au domaine d'intérêt collectif, au respect dû aux défunts et à l'autorité de l'État.
L'élu rappelle que la loi n°73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés, telle que modifiée et complétée, dispose notamment en son article 55 que les biens affectés à un usage ou à un service public relèvent du domaine public et ne peuvent être cédés, vendus ou appropriés tant qu'ils n'ont pas été régulièrement désaffectés conformément à la loi.
Il invoque également l'Ordonnance du 14 février 1914 relative au service des inhumations et à la police des cimetières, qui place les cimetières sous un régime de protection administrative et interdit toute utilisation contraire à leur destination légale.
Selon lui, aucun particulier, indépendamment de son influence ou de ses moyens financiers, ne peut transformer un cimetière en propriété privée sans une décision prise par les autorités légalement compétentes.
Pour le député, toute transaction portant sur un cimetière, de même que toute occupation, construction ou modification de sa destination en dehors des procédures prévues par la loi, serait susceptible d'être frappée de nullité et d'engager la responsabilité civile, administrative et pénale de ses auteurs ainsi que de toute personne qui l'aurait facilitée ou couverte.
Isaac Lebisabo appelle ainsi le gouverneur militaire de l'Ituri, l'administrateur du territoire d'Irumu, le procureur de la République, les services fonciers ainsi que les services de sécurité à prendre des mesures conservatoires. Il demande notamment la suspension immédiate de tout chantier en cours, la sécurisation du site et l'ouverture d'une enquête impartiale afin d'établir les faits.
Le député affirme également que toute personne, civile ou militaire, qui aurait abusé de ses fonctions pour protéger une opération illégale devrait répondre de ses actes devant la justice. «Nul n'est au-dessus de la loi», déclare-t-il.
S'adressant directement au présumé acquéreur, Isaac Lebisabo l'appelle à renoncer à toute activité sur le site si les accusations sont confirmées. D'après lui, «aucun argent, aucune influence et aucune complicité ne permettront de légaliser une violation de la loi», ajoutant que «la mémoire de nos défunts n'est ni à vendre, ni à négocier, ni à profaner».
Isaac Lebisabo conclut en rappelant que le territoire d'Irumu est régi par l'État de droit et que les cimetières constituent un patrimoine collectif, un espace sacré et un bien d'intérêt public qui doivent être protégés. Il assure qu'il poursuivra ses démarches afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les responsabilités soient établies conformément à la loi.
La Rédaction
