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Les constats sont accablants. «Rien ne va, rien n’évolue», apprend-on. La sensibilisation est insuffisante et la maladie continue de se transmettre dans la population. Dieudonné Lossa, Coordonnateur provincial des Forces Vives, déclare qu'«Il se pose un énorme problème du point de vue communication ou de la sensibilisation avec la communauté. Il se pose également un problème d’ordre logistique, parce que vous ne pouvez pas imaginer qu’après deux mois de riposte, les gens ne soient pas payés. Après deux mois de riposte, il n’y a même pas d’ambulances pour ne fût‑ce qu’aller prendre les malades qui souffrent dans les familles».
Les visites menées dans les Centres de traitement Ebola (CTE) de Rwampara, de l'hôpital général de Bunia, le CTE de CME Nyakunde en ville de Bunia, le CTE de Samaritan à l'ISM/Bunia et dans les zones de santé de Nizi et Komanda révèlent une réalité dramatique, fait savoir la Société Civile Forces Vives de l'Ituri.
«Dans l’ensemble, il se pose le problème d’accueil. Les CTE qui sont là sont incapables de recevoir maintenant les gens qui sont malades. Il y a beaucoup de malades mais il n’y a pas de place pour les recevoir. Il y a beaucoup de gens qui meurent encore jusqu’à ce jour dans les familles, dans les communautés, et ces gens‑là ne sont pas bien enterrés. Le fait qu’ils ne sont pas bien enterrés fait en sorte que la maladie puisse continuer normalement. Donc, la maladie se transmet continuellement dans la population», a souligné Dieudonné Lossa.
La société civile estime que l’Ebola demeure hors contrôle. «Nous, on a tout simplement compris que l’Ebola est hors contrôle jusqu’à ce jour. Nous rappelons au Coordonnateur de la riposte en Ituri que le ministre de la Santé, lors de son dernier passage en Ituri, l’avait instruit de rencontrer la société civile et de parler avec elle de la manière dont les choses doivent se faire en Ituri. Mais jusqu’à ce jour, cela fait sept jours, on ne l’a pas vu», a déploré Lossa.
Face à cette inertie, soutenu par ses collègues de toutes les entités de l'Ituri, il pose un ultimatum clair au coordonnateur de la riposte Ebola. «Nous lui laissons quarante‑huit heures. Dans quarante‑huit heures, s’il ne peut nous rencontrer, nous pouvons rencontrer d’autres autorités qui sont dans ce pays et dans cette province également. Et après cela, nous pensons qu’il y a aussi d’autres dispositions que nous avons prises et que nous allons mettre en place si rien ne marche», a déclaré le coordonnateur provincial de la Société Civile Forces Vives de l'Ituri.
À en croire Dieudonné Lossa, les chiffres confirment la gravité. Dans six zones de santé sur vingt‑sept touchées, on dénombre déjà 1813 décès. «Depuis le début de cette maladie, dans l’échantillon des six zones de santé sur vingt‑sept qui sont touchées par Ebola aujourd’hui, on a déjà 1813 cas de décès dans ces six zones de santé, alors que ce sont des échantillons. Vous allez me dire que nous sommes en train de mener quelle riposte ? Parce que la réponse que nous apportons à la population par rapport à cette situation n’atteint pas le besoin qui est dans la communauté. Donc, la population est déçue», a-t-il martelé.
Le message est sans ambiguïté. La riposte actuelle ne répond pas efficacement aux besoins de la communauté. La Société Civile Forces Vives de l’Ituri exige une réaction immédiate et une prise de responsabilité. Faute de quoi, elle promet de passer à la vitesse supérieure en approchant d'autres autorités du pays.
Germain Aboki
