SUD-KIVU : des cadres de l’AFC/M23 et alliés au cœur des enquêtes ouvertes par l’auditorat militaire supérieur et la 33e région militaire pour des crimes de guerre contre des civils

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SUD-KIVU : des cadres de l’AFC/M23 et alliés au cœur des enquêtes ouvertes par l’auditorat militaire supérieur et la 33e région militaire pour des crimes de guerre contre des civils

Photo d'illustration 

La justice militaire congolaise entend sanctionner les auteurs des crimes commis dans l’Est du pays. L’auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu, sous la conduite du Colonel magistrat Kumbu Ngoma, révèle que  des enquêtes judiciaires sont ouvertes contre plusieurs responsables de l’AFC/M23 et leurs alliés.

Une équipe mixte composée de l’auditorat militaire et de la 33e région militaire a déjà effectué plusieurs descentes sur le terrain, apprend NouvelEchoRdc. Les investigations préliminaires se sont concentrées sur le territoire de Fizi, où cinquante civils, dont des femmes et des enfants, ont été sauvagement exécutés lors des bombardements de la nuit du 7 au 8 juillet 2026. Plusieurs villages ont été notamment incendiés par ces rebelles de l'AFC/M23, parmi lesquels Nakele, Abala, Mulima, Mushaku, Kipupu, Nikenge et Point Zéro.

Les enquêteurs ont poursuivi leur mission à Luvungi et Sange, où les mêmes rebelles avaient déjà sévi en décembre 2025. Le rapport préliminaire fait état de onze fosses communes à Sange et d’une autre à Luvungi. Les investigations se poursuivent dans le Haut Plateau, où des témoignages évoquent des femmes enceintes égorgées et des fœtus arrachés, des crimes d’une brutalité extrême.

Selon l’auditorat militaire du Sud-Kivu, les principaux responsables sont désormais dans le viseur de la justice. Ici, Bernard Bihamungu, commandant de l’AFC/M23, Serge Lusime Kagoyo, Bertrand Bisimwa et plusieurs de leurs compagnons sont visés comme principaux auteurs de ces crimes de guerre, meurtres, viols et déportations de civils.

Les enquêtes ne s’arrêtent pas à l’AFC/M23. Des alliés de ces rebelles soutenus par le Rwanda sont également cités, notamment Charles Sematama, commandant du groupe Twirwaneho, et Nzabampema, chef du groupe FNL, accusés aussi de massacres et de déportations dans plusieurs localités citées.

Dans la foulée, la population locale exprime son soutien à la démarche judiciaire engagée contre les auteurs des crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle estime que cette initiative marque une étape importante dans la lutte contre les violences armées.

Pour de nombreux habitants, l’ouverture d’enquêtes judiciaires ouvre la voie à une possible responsabilisation des chefs rebelles longtemps accusés d’agir en toute liberté. Ce signal fort est perçu comme une rupture avec l’impunité qui a trop souvent accompagné les exactions dans cette partie du pays.

En tout cas, les forces vives du Sud-Kivu voient dans cette volonté de l’auditorat militaire une opportunité de rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens, et d’inscrire la justice au cœur de la réponse aux violences.

La Rédaction