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| Le lieutenant Jules Ngongo, Porte-parole des FARDC en Ituri |
Les accusations médiatiques du Porte-parole des FARDC en province de l’Ituri heurtent à plusieurs reprises le droit. À écouter ses déclarations, Jules Ngongo semble tenir le rôle d’un tribunal plutôt que celui d’un Porte-parole de l’armée. Il y a lieu de se demander si la communication militaire est au-dessus du principe de présomption d’innocence.
Le 7 novembre 2025, le Lieutenant Jules Ngongo a cité nommément le député national Savo Mateso comme étant en collusion avec la rébellion CRP, dirigée par Thomas Lubanga. Ces accusations ont été formulées lors de l’émission Tobongisa sur RTFI 88,6 FM, semble-t-il sur la base des déclarations d’un détenu identifié comme Tango Papa.
Il n’en est pas à sa première déclaration publique de ce genre, pointant des élus de l'Ituri. Ces sorties médiatiques, bien qu’appuyées sur des témoignages ou des renseignements, interviennent en dehors de tout cadre judiciaire formel. Le comble, c’est qu’elles exposent les personnes citées à une condamnation sociale immédiate, sans qu’aucune enquête indépendante ni procédure légale n’ait été engagée pour établir les faits.
Le Lieutenant Jules Ngongo semble marcher sur le principe de présomption d’innocence, garanti par la Constitution de la RDC, dont il sert sous le drapeau. Ce principe impose que toute personne mise en cause soit considérée comme innocente jusqu’à preuve du contraire devant une juridiction compétente.
En citant publiquement des noms, notamment ceux de représentants élus, sans décision de justice, l'officier prendrait le risque de fragiliser ce fondement essentiel de l’État de droit que prône le président de la République, Félix Tshisekedi, aussi à travers la justice militaire.
Dans un contexte sécuritaire comme celui de l’Ituri, où la stabilité est continuellement menacée par des groupes armés et, justement, par des tireurs de ficelles internes et externes, il faudrait reconnaître que la communication militaire devrait faire preuve de beaucoup de rigueur, d'autant plus que la lutte contre l’insécurité ne peut justifier des pratiques qui court-circuitent les mécanismes judiciaires.
Il revient aux services compétents d’instruire les dossiers contre les personnes qui seraient citées par Tango Papa, de vérifier les informations et, le cas échéant, de poursuivre les personnes impliquées dans le respect des droits de la défense.
Disons que lorsque le Porte-parole de l'état de siège s’exprime dans l’espace public, du haut de ses responsabilités dans la communication militaire, il devrait mesurer les effets de son message et respecter les principes juridiques en vigueur. Le respect de la présomption d’innocence n’est pas une formalité, c’est une garantie pour tous, y compris dans les situations les plus sensibles.
Pour le cas de l’Ituri, préserver cette exigence est indispensable pour maintenir la cohésion sociale et, surtout, pour éviter que la lutte contre l’insécurité ne devienne elle-même source d’instabilité.
NE.
