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ÉDITION SPÉCIALE - THIERRY LOLE : Crime contre la presse en plein état de siège en Ituri, quelle indignité pour les autorités provinciales !

La presse iturienne est une fois de plus blessée dans son âme. Dans la nuit du dimanche au lundi, à Bunia, le journaliste Thierry Banga Lole a été attaqué chez lui par des hommes armés.

Battu avec brutalité, il est mort des suites de ses blessures. Ce meurtre ignoble n’est pas un cas isolé. Il faut dire qu’en Ituri, les journalistes sont de plus en plus pris pour cible comme si informer était devenu un crime.

Le journalisme en Ituri s’apparente désormais à une mission périlleuse. Dans un environnement où la liberté de la presse est compromise et où la sécurité des médias n’est pas assurée, informer est perçu comme une faute.

Bunia, censée incarner un espace de protection, révèle au contraire son incapacité à garantir la sécurité de ceux qui portent la voix du public. Quelle indignité de la part des autorités provinciales !

Les journalistes ne sont pas des criminels,  mais les porteurs de vérité et les gardiens de la société. Les intimider, les frapper ou les tuer revient à bafouer le droit fondamental du peuple à l’information.

Mieux, c’est réduire la démocratie au silence et étouffer la voix des sans-voix. Qu'on le sache bien : chaque attaque contre un journaliste est, en réalité, une attaque contre la société entière.

Plus inquiétant encore, certains professionnels des médias affirment être victimes non seulement des hommes armés non identifiés, mais aussi d’éléments des forces censées protéger la République.

Ainsi, le journaliste Moïse Ulang’u, de La Voix de l’Ituri, s’est vu dépouiller de son téléphone par des militaires de l’unité Tigre des FARDC, alors qu’il rentrait chez lui après avoir présenté le journal du soir à la Radio Candip ISP Bunia, il y a quelques semaines. 

Cette contradiction est insupportable. Quand ceux qui devraient garantir la sécurité deviennent eux-mêmes aussi des agresseurs, c’est l’État de droit qui s’effondre.

Assez ! Les autorités civiles et militaires doivent assurer la protection des journalistes. Ce n’est pas un privilège, mais une responsabilité incontournable.

Attenter à la vie d’un journaliste, c’est détruire bien plus qu’une personne : c’est tuer la société dans son ensemble. Car l’information est la sève de la démocratie, aussi essentielle à la société que le sang l’est au corps humain.

Thierry Lole n’est plus, arraché à la vie par la barbarie. Mais son sang versé crie justice et rappelle que le journalisme n’est pas un crime. Paix à son âme, et que son souvenir demeure une lumière pour la presse en Ituri.

Germain Aboki