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ÉDITORIAL - Ituri : accalmie, paix... la nuance qui échappe !

Lieutenant-Général Johnny Luboya, gouverneur de l'Ituri 

Le gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya, s’est félicité lundi 1er décembre à Bunia d’une amélioration sécuritaire qu’il chiffre à 80 %. Même Djugu, jadis instable, est aujourd’hui à 80 % «en paix», a-t-il dit. Ce pourcentage, aussi encourageant soit-il, reflète toute la vérité ? À chacun de tirer ses conclusions. Car l’accalmie visible ne supprime pas la menace des milices et ne traduit pas une paix réelle.

Il est vrai qu’un calme relatif s’observe depuis quelque temps en Ituri. C’est une évolution positive, que beaucoup considèrent comme une grâce. Toutefois, il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas encore d’une paix définitive. Des rapports sécuritaires récents, dont celui de l’Institut Ebuteli, signalent la présence persistante de groupes armés actifs dans plusieurs zones de la province.

Cette accalmie pousse les autorités militaires à croire qu’elles ont remporté le pari de la paix, au point d’inviter les déplacés internes à regagner leurs villages d’origine. Mais la nuance entre accalmie et paix demeure essentielle. Tant que les milices ne sont pas neutralisées, le calme observé reste précaire. L’histoire de l’Ituri a déjà démontré à plusieurs reprises qu’une période de répit ne garantit pas la fin durable des violences.

Même en l’absence de combats, la menace reste latente. On peut parler d’accalmie ou de calme relatif, mais pas encore de paix véritable. La population, elle, attend davantage, non seulement la fin des attaques, mais surtout l'éradication totale ou la démobilisation des groupes armés, la restauration de l’autorité de l’État sur l'ensemble de l'Ituri, la sécurité des habitants et la reprise normale des activités économiques et sociales dans tous les coins de la province. 

Ce n’est qu’à ces conditions que l’Ituri pourra espérer un retour effectif et durable de la paix. Et, c'est ce jour-là que  l’administration militaire pourrait mieux se féliciter.

NE.