C’est désormais officiel, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé ce jeudi 4 décembre 2025 à Washington, sous l’égide du président américain Donald Trump, un accord de «paix» présenté comme «historique», destiné à mettre fin à trente années de conflit et à ouvrir une ère de prospérité commune.
Sur le papier, l’événement se veut décisif pour ramener la paix dans l’Est de la RDC. Donald Trump, fidèle à son style, s’est affiché en médiateur confiant, persuadé de pouvoir imposer sa vision de la paix comme il l’a tenté ailleurs, du Moyen-Orient à l’Asie du Sud. Mais la scène de Washington a révélé un décalage sans filtre entre les discours et la réalité.
Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont montré une froideur manifeste. Aucun geste de rapprochement, pas même une poignée de main, ne s’est produit lors de la cérémonie. Ce langage corporel traduirait une méfiance totale et laisserait planer un réel doute sur le retour de la paix.
La veille de la signature, les combats opposaient encore les forces congolaises aux rebelles du M23 dans le Kivu. Cette contradiction entre les violences persistantes et la signature officielle à Washington mettrait en lumière la fragilité dudit accord. Et alors, les traits figés de Félix Tshisekedi et de Paul Kagame traduisent une méfiance qui remet en cause la crédibilité de leur signature.
Visiblement, l’événement de Washington s’est apparenté à une démonstration diplomatique plus qu’à une véritable volonté de paix. Après trente ans de crise sécuritaire, rien ne permet d’affirmer que cet accord mettra fin aux hostilités, au moment où Paul Kagame conserve ses positions à Goma et Bukavu et se décharge sur Félix Tshisekedi de la lourde tâche de régler le dossier AFC/M23.
Un accord de paix sans la paix sur terrain, cette réalité ne semble pas préoccuper Donald Trump. L’action du président américain et des États-Unis révèle une priorité purement économique. Les minerais congolais, au cœur des industries de pointe, attisent l’intérêt de Washington qui cherche à contrer Pékin.
Les américains veulent réduire l’emprise chinoise et mise sur le corridor de Lobito, en passant par l’Angola, comme axe stratégique de cette confrontation feutrée. Au final, la paix dans l’Est du pays demeure une lutte permanente que la RDC doit poursuivre en travaillant à renforcer sa défense nationale pour assurer l’intégrité de son territoire, la protection de sa population et la souveraineté nationale.
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