La scène s’est déroulée le 19 décembre 2025, à Budhu, dans le secteur des Walendu Djatsi. Quelques sacs de riz distribués aux déplacés venus des chefferies de Mambisa et Ndo-okebo. Un geste simple, presque discret. Mais derrière cette action caritative se cache une vérité plus grande, affirmant que l’Ituri peut choisir la paix.
Depuis trop longtemps, notre province est prise en otage par des groupes armés qui instrumentalisent les communautés. Ils sèment la peur, déplacent des familles, détruisent des villages, tout cela pour des intérêts mesquins ou dictés par des mains étrangères. Mais l’accueil réservé aux déplacés par Gudza Kiza Justin, chef du secteur des Walendu Djatsi, prouve qu’une autre voie existe. Celle de la fraternité. Celle de la cohésion sociale.
Certains diront que la paix en Ituri est un rêve naïf. Pourtant, chaque acte de solidarité est une pierre posée dans l’édifice fragile de la réconciliation. Les villages de Likopi et Budhu, qui ont ouvert leurs portes aux déplacés Hema et Bavulahembe, montrent que les communautés savent encore se tendre la main. Que c’est beau ! Oui, la paix se construit dans ces gestes quotidiens, dans ce refus de se laisser manipuler par les logiques de guerre.
À l’approche de Noël, fête de la fraternité universelle en Jésus-Christ, né pour sauver l’humanité, le message prend une force particulière. L’Ituri est notre maison commune. Nous devons la protéger, non l’incendier. Les Ituriens ne sont pas faits pour s’entretuer, mais pour vivre ensemble, jusqu’au retour du Christ dont nous célébrons la naissance.
Oui, une paix durable est possible en Ituri. Elle ne naîtra ni de la violence des armes, ni du silence complice face aux crimes abominables perpétrés par des groupes armés composés de nos propres fils. Elle naîtra de la capacité des communautés à se désolidariser des fauteurs de guerre, à refuser les manipulations, et à choisir la solidarité.
Le geste de Budhu est une graine. À nous tous de l’arroser afin qu’elle devienne un arbre de paix.
Germain Aboki
