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INÉDIT : de Kampala en passant par Kinshasa, les dissidents de Thomas Lubanga ont pris la décision d’écrire une nouvelle page d’histoire pour l’Ituri

De gauche à droite : David Unyertho - VPM de la Défense RDC - Charles Kakani, lors de la leur réception à Kinshasa 

Le retour annoncé ce jeudi 18 décembre  (puis reporté à demain vendredi) à Bunia de Charles Kakani et David Unyertho, deux figures marquantes de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), ne peut être considéré comme un simple fait divers, en raison du rôle qu’ils jouaient dans la rébellion de Thomas Lubanga.

Ces anciens co-fondateurs de la CRP de Thomas Lubanga, dirigé depuis Kampala, ont choisi de rompre avec leurs anciens alliés pour se rapprocher des institutions de la République.

Ils ont été reçus en novembre à Kinshasa par des officiels, dont le vice-Premier ministre de la Défense nationale, à qui ils ont livré des révélations inédites, notamment sur les pratiques internes de la CRP et sur le plan de déstabilisation des institutions de la République élaboré depuis l’Ouganda par la CRP.

Leur défection, officialisée le 18 octobre, illustre la prise de conscience des manipulations derrière une prétendue révolution, le rejet des dérives autoritaires et affairistes au sein de la direction du mouvement, ainsi que la conviction d’avoir été entraînés à combattre la République pour des intérêts individuels dissimulés, et non pour ceux de la nation ni de la province de l’Ituri qui leur étaient promis.

Alors que Djugu demeure le théâtre de violents combats opposant les FARDC aux rebelles de Lubanga ces derniers jours, la population, usée par des années de violences, réclame la paix et le développement. Dans ce climat, l’arrivée de Kakani et Unyertho prend valeur de symbole et pourrait inciter d’autres combattants hésitants à abandonner la lutte armée.

À condition que leur engagement soit véritable, leur initiative peut aider à briser la spirale de la violence en incitant au rejet des groupes armés. Leur retour dépasse la dimension symbolique et s’impose comme un acte politique et moral qui pourrait influencer durablement la reconstruction sociale en Ituri.

Leur message, attendu en Ituri, terre de leurs ancêtres, sera observé avec attention par une population qui ne croit plus aux armes et place désormais son espoir dans la paix et la réconciliation. 

Les deux anciens rebelles doivent mettre à profit cette occasion pour renforcer leur message de paix et consolider la dynamique de réconciliation. Car, disons-le, le salut de l'Ituri dépend avant tout de la prise de conscience de ses propres fils et filles.

NE.