Dans la nuit de dimanche à lundi 8 décembre, les FARDC ont mené une opération de bouclage au site de déplacés de Kigonze, à Bunia. Trente-huit personnes soupçonnées de collusion avec la milice CRP de Thomas Lubanga ont été arrêtées. Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités compétentes.
Selon des sources crédibles à NouvelEchoRdc, plus de vingt autres déplacés arrêtés dans les mêmes circonstances le mois dernier sont toujours détenus à l’état-major de l'année. Au total, près de 80 personnes ont été interpellées au cours des deux derniers mois, dont une vingtaine déjà relâchée.
Le site de Kigonze, qui abrite près de 17 000 déplacés, dont une majorité d’enfants en âge scolaire, connaît une situation de forte tension. Beaucoup de déplacés ont quitté le camp, craignant d’être arrêtés lors des bouclages réguliers menés par les services de sécurité, apprend-on. Plusieurs passent désormais la nuit dehors, sous les arbres ou sur les vérandas des habitants.
Les gestionnaires du site alertent sur les conditions précaires dans lesquelles vivent ces déplacés. Exposés aux intempéries et privés d’abris, ils voient leurs moyens de résilience déjà fragiles s’affaiblir davantage.
Les mêmes sources indiquent que cette situation préoccupe également les autorités locales. Les chefs d’avenue du quartier Mudzi-Pela se sont réunis hier lundi pour tenter de concilier le caractère civil du site avec les impératifs de sécurité.
Certains services considèrent en effet le camp comme un repère potentiel de criminels, ce qui alimente la méfiance et accentue la crise humanitaire vécue par les déplacés, selon les observations.
La Rédaction
