La société civile des Alur-Djuganda tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de tentative d’occupation du territoire congolais par des ressortissants ougandais.
Selon Joseph Berocan, sous-coordonnateur de la Société Civile Forces Vives des Alur-Djuganda, des agents ougandais franchissent régulièrement la frontière les jours de marché afin de prélever illégalement des taxes sur le territoire congolais. Par ailleurs, des habitations et infrastructures commerciales y sont construites, mais revendiquées par l’Ouganda à Mahagi.
«Il faut prendre ce dossier à bras-le-corps pour éviter le pire, mais aussi pour contenir les velléités de l’Ouganda, qui a toujours tendance à empiéter sur les territoires congolais», a déclaré Joseph Berocan le vendredi 19 décembre. À l'en croire, cette situation est observée depuis près de cinq mois et risque de provoquer une escalade des tensions dans les jours à venir.
Il y a peu, le Bureau de la Coordination provinciale de la Société Civile Forces Vives de l’Ituri a lancé une alerte similaire. Dans son message du 22 décembre, la coordination provinciale de la Société Civile Forces de l'Ituri affirmait que quelques villages du territoire de Mahagi, notamment Uriwo, Nyatabu, Otal, Parombo, Keresi, Nyacido, Chido et Ameri, seraient actuellement occupés par l’Ouganda.
Ce n’est pas la première fois que des incidents de ce type suscitent l’inquiétude en Ituri. Le 11 août 2024, un drone militaire ougandais s’était écrasé dans le territoire de Djugu. Arborant le drapeau ougandais, l’appareil avait été récupéré par les Forces armées de la RDC, qui avaient annoncé l’ouverture d’une enquête. Toutefois, plus d’un an après, aucun détail n’a été révélé et un silence persistant entoure ce dossier.
La tension a été ravivée récemment par une déclaration du président ougandais Yoweri Museveni, affirmant que l’Ituri faisait partie du Bunyoro, donc de l’Ouganda. Une affirmation jugée expansionniste, rappelant les velléités similaires du Rwanda dans le Kivu. Pourtant, les limites administratives entre la RDC et l’Ouganda avaient été fixées dès 1913-1915 par les colons anglais et belges, ajoutait le Bureau provincial de la Société Civile Forces Vives de l'Ituri.
Pour la Société Civile Forces Vives du côté des Alur-Djuganda, il est urgent que l’État congolais prenne des mesures idoines afin de contenir cette situation et de protéger l’intégrité territoriale. Il s’agit de tirer l’attention des autorités sur ce qui se passe à Mahagi avec les ressortissants ougandais, afin de limiter les dégâts avant qu’il ne soit trop tard, a laissé entendre Joseph Berocan.
La Rédaction
