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ITURI : une année 2025 marquée par crises, violences et espoirs fragiles, selon la Société Civile

Ir. Dieudonné LOSSA, Coordonnateur provincial de la Société Civile Forces Vives de l'Ituri 

Dans son message de vœux de fin d’année, la Société Civile Forces Vives de l’Ituri n’a pas seulement adressé ses souhaits de paix, de santé et de prospérité. Elle a dressé un bilan lucide des événements qui ont marqué l’année 2025 dans cette province meurtrie par les conflits et les tensions sécuritaires.

Rébellion de la CRP affaiblie 

«L'année 2025 a été caractérisée par divers faits dont, entre autres, la naissance de la rébellion CRP soit la Convention pour la Révolution Populaire. Dans ce cadre, le Gouvernement tant National que Provincial ainsi que les forces vives ne ménagent aucun effort pour éradiquer la crise de gouvernance sécuritaire servant de couloir aux ennemis de la paix et aux prédateurs des ressources naturelles dans notre Province», indique le message.

«Ainsi le taux d'attaque contre les civils par les miliciens tend à baisser, les opérations de traque contre la CRP couronnées de succès par notamment la récupération de plusieurs armes, munitions et certains éléments neutralisés ou qui se sont rendus aux FARDC. À l'issue de ces opérations, la CRP semble être anéantie et ses positions conquises par les forces gouvernementales. Mais les bouclages étaient parfois effectués dans les sites des déplacés en ville de Bunia et en Territoire de Irumu en vue de rechercher certains éléments de la CRP», poursuit ce document de quatre pages. 

«Curieusement, tous les autres groupes armés n'ont subi aucune pression des FARDC et continuent d'avoir leurs armes, même la CODECO pourtant connue pour ses crimes odieux», fait savoir le Bureau provincial de la Société Civile Forces Vives de l'Ituri. 

Église catholique ciblée

L’année 2025 a également été marquée, selon la Coordination des Forces Vives de l’Ituri, par des abus dirigés contre l’Église catholique. En effet, «l'Église Catholique a vécu des dommages matériels importants, sa Paroisse de Lopa, son Grand Séminaire et sa Propédeutique de Mudzi-Maria ont successivement été saccagés par des miliciens de la CODECO et des inconnus», indique-t-elle. 

Toutefois, depuis environ 2025 jusqu’à maintenant, l’on constate que, «on dirait que les violences des groupes armés sont au rabais. Néanmoins, celles-ci ont changé de forme, car on observe la tracasserie aiguë de la population par certains éléments des FARDC et Policiers, ce qui ne favorise pas la relation civilo-militaire. Plusieurs barrières de contrôle se transforment en barrières de rançon, quelques cas d'assassinats, de violence sexuelle, des incendies de maisons et de stigmatisation à l'égard de jeunes principalement en Territoire de Djugu, dont jeunes assimilés aux CRP, ont également été signalés», lit-on dans l'observation de la Société Civile.

Drame humanitaire persistant

Dans ledit message, le Bureau provincial des Forces Vives de l'Ituri affirme qu'«un hélicoptère blanc a largué des bombes en Territoire de Djugu, dans le Groupement Dhego en Chefferie des Bahema Badjere, bombes ayant occasionné la mort de quatre personnes dont une fille d'environ 12 ans après avoir perdu deux jambes», avant d'admettre que «cela faisait environ huit ans que l'Ituri connaissait un déplacement massif de population causant entre autres errances des enfants déplacés dans les rues de grandes agglomérations».

Ici, «ces derniers manquaient d'assistances humanitaires adéquates car l'attention du Gouvernement comme des humanitaires est tournée vers le Nord et le Sud Kivu», révèle cette évaluation annuelle.

Par la même occasion, la Société Civile Forces Vives de l’Ituri rappelle «aux groupes armés qu'ils doivent déposer les armes au PDDRC-S, car, ces armes sont à l'origine de tous les maux de l'Ituri. N'oubliez pas que les crimes de masse, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, voire les crimes de génocide commis en Ituri ne resteront jamais impunies : cessez de vous salir davantage». 

Justice sélective dénoncée

Parmi les événements jugés significatifs en 2025, elle cite aussi les vagues d’arrestations visant des opérateurs économiques, déclenchées à la suite d’un rapport des experts onusiens «comme si en RDC les parquets et le service de renseignement en étaient incapables alors qu'on n'a jamais vu les bourreaux arrêtés suite aux enquêtes sur les crimes de massacre des civils dans les sites des déplacés de Tali Singo, Djangi, Plaine Savo, Lala, Djaiba, Kpandroma, Pimbo, Nyamamba, Komanda». 

Insécurité urbaine chronique

Sans détour, «le banditisme et le vol à mains armées sont récurrents dans la ville de Bunia et les milieux ruraux. Le chapelet des road blocks érigés dans la ville de Bunia par les patrouilleurs, ressemblant à des postes de péage d'un montant allant de 2000 Fc, gène la circulation de la population et l'oblige à arrêter son mouvement vers 21h00 en ville de Bunia», renchérit la coordination provinciale de la Société Civile Forces Vives de l'Ituri.

La Rédaction