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| Ancienne photo de Thomas Lubanga à la CPI (Illustration) |
Thomas Lubanga, condamné en 2012 par la CPI pour recrutement d'enfants soldats, resurgit dans l'actualité sécuritaire en Ituri. À la tête de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), l'ex-leader de l'Union des Patriotes Congolais est accusé d'utiliser des civils comme boucliers humains lors des combats contre les FARDC à Bule, en territoire de Djugu.
Ces accusations, premièrement formulées par le porte-parole de l’armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, et relayées ce samedi 27 décembre par l’ONG Justice-Plus dans un communiqué, visent des femmes et enfants déplacés qui seraient placés en première ligne des manipulations meurtrières par la CRP de Thomas Lubanga.
De son côté, l’ONG Justice-Plus, qui défend les droits humains, dénonce cette pratique qui expose ces populations aux tirs croisés et viole les principes de base du droit international humanitaire.
Si ces nouvelles accusations se confirment, elles replongeraient Thomas Lubanga dans le viseur de la justice pénale internationale. Le principe de non bis in idem bloque un rejugement pour les faits déjà sanctionnés, mais de nouveaux crimes prouvés pourraient ouvrir une nouvelle procédure contre le chef de la CRP.
Il convient de souligner que le droit international ne laisse place à aucune ambiguïté, comme le confirment des spécialistes en la matière. Les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels prohibent explicitement l'emploi de civils comme boucliers pour des cibles militaires.
Le Statut de Rome de la CPI qualifie cette pratique de crime de guerre. Les civils doivent être protégés en toutes circonstances, avec une distinction cardinale entre combattants et non-combattants. Les femmes et enfants jouissent d'une protection renforcée, rendant leur exploitation encore plus répréhensible.
Thomas Lubanga n’est pas un inconnu des juridictions internationales. Les accusations actuelles rappellent sa condamnation historique en 2012 par la Cour pénale internationale pour enrôlement d’enfants soldats, suivie de sa libération en 2020 après avoir purgé sa peine. Il pourrait de nouveau être poursuivi par la justice internationale ou par une juridiction nationale compétente en RDC, le droit demeurant un instrument essentiel de protection des populations civiles.
NE.
