Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), est suspendu par décision du Chef d’état-major de l’armée congolaise, a-t-on appris de source militaire.
Cette mesure disciplinaire intervient à la suite de déclarations controversées faites samedi par l’officier supérieur. Dans son intervention, le général-major Ekenge avait évoqué un prétendu stratagème visant à assurer la «suprématie» de la communauté tutsi par le biais des naissances, des propos qui ont suscité une vive indignation et ont été jugés discriminatoires à l’égard des femmes de cette communauté.
La suspension du porte-parole des FARDC traduirait la volonté de l’état-major de préserver l’image de l’institution militaire et de rappeler l’importance du respect des valeurs républicaines. Les propos du général-major Ekenge ont été perçus comme contraires à l’esprit d’unité nationale que l’armée est censée incarner.
La polémique a rapidement franchi les frontières. Le vice-premier ministre belge, Maxime Prévot, a exprimé son indignation :
«Extrêmement choqué des propos tenus aujourd’hui par le porte-parole de l’armée congolaise, le Général Ekenge, ciblant la communauté Tutsi. C’est absolument indigne de la part d’un représentant officiel. Je les condamne avec la plus grande fermeté. Tout discours de haine doit être rejeté en toutes circonstances. La concorde nationale ne peut se construire que dans un esprit d’inclusion de toutes les communautés», a-t-il déclaré.
Le président Félix Tshisekedi, qui s’est toujours exprimé contre toute forme de discrimination, notamment envers les membres de la communauté tutsi congolaise, a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement à la cohésion nationale et à la lutte contre les discours de haine.
