Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé ce vendredi l’interruption prématurée de ses activités et l’évacuation totale de ses équipes de Baraka, dans le territoire de Fizi. Cette décision intervient alors que les combats s’intensifient entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense Wazalendo, après la prise d’Uvira par les rebelles soutenus par le Rwanda.
Depuis août, MSF menait une réponse d’urgence contre le paludisme, avec plus de 25 000 cas traités, et avait réussi à maîtriser une épidémie de choléra. L’organisation met désormais fin à ses activités à l’hôpital général de Baraka et dans trois centres de santé, alors même que le pic saisonnier du paludisme est en cours.
«Nous sommes très inquiets de laisser la population sans soutien au pire moment» a déclaré Ton Berg, chef de programme MSF au Sud-Kivu.
À Bunyakiri, dans le même Sud-Kivu, les affrontements ont déjà conduit à une évacuation partielle des équipes de MSF. Les activités médicales y sont pour l’instant maintenues, mais Médecins sans frontières reste préoccupé par la sécurité de son personnel et l’accès aux soins pour les populations locales.
Pour la population, ce retrait accentue sa fragilité, déjà confrontée à une situation humanitaire critique. Privée de soins au moment où les maladies saisonnières frappent le plus fort, elle se retrouve exposée à un risque accru de mortalité et d’épidémies.
La Rédaction
