La reprise des hostilités en décembre entre les FARDC et la rébellion CRP de Thomas Lubanga a transformé Bule, dans le territoire de Djugu, en un épicentre d’insécurité et de crise humanitaire.
L’état de siège, censé imposer l’autorité de l’État en Ituri depuis plus de quatre ans, montre ses limites. À Bule, le contrôle du territoire reste fragmenté entre FARDC et rebelles, ce qui interroge sur la capacité de cette mesure à ramener la paix.
Les violences ont déjà coûté la vie à 20 civils, blessé 21 autres et déplacé plus de 100 000 personnes. L’état de siège est mis à rude épreuve, tandis que la population de Bule vit dans une paralysie totale.
Ici, plus de 43 écoles ont fermées, commerces clos, l'avenir des enfants compromis. Les habitants dénoncent une misère «indescriptible» et une peur omniprésente, malgré la présence des casques bleus de la MONUSCO.
Le paysage sécuritaire de l’Ituri change de visage. Après la CODECO, c’est la CRP qui s’impose. Si la première ciblait les civils, la seconde affronte les FARDC mais suscite de vives critiques pour l’utilisation présumée des déplacés comme boucliers humains, en violation flagrante du droit international.
Le silence de certains notables de l’Ituri contraste avec les alertes lancées, notamment par la société civile locale, qui souligne l’urgence humanitaire et sécuritaire ainsi que le calvaire des habitants. Jusqu’à quand cette population devra-t-elle souffrir ? C’est toute la question.
NE.
