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| M. Thomas Lubanga (ancienne photo à la CPI) |
L’insistance du porte-parole des FARDC en Ituri, accusant Thomas Lubanga et sa rébellion de vouloir attenter à la vie du gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama, révèle une menace dont la gravité ne peut être ignorée.
Au-delà du fracas médiatique, la vraie question est la suivante : quelles retombées politiques et militaires pour Thomas Lubanga et son mouvement rebelle si ce projet d’assassinat était confirmé ?
Immédiatement ou peu après un tel acte, Thomas Lubanga, déjà condamné par la CPI pour enrôlement d’enfants soldats, verrait son nom ressurgir dans l’actualité judiciaire internationale.
Le chef rebelle est par ailleurs accusé par des ONG de défense des droits humains, notamment «Justice Plus», et par l’armée d’utiliser les sites de déplacés de Bule, dans le territoire de Djugu, comme boucliers humains. La communauté internationale, très présente dans la région à travers la MONUSCO, continue de documenter ces faits.
Attenter à la vie d’un gouverneur militaire ne relèverait pas uniquement du crime politique. Ce serait un véritable acte de guerre contre l’État congolais, ouvrant la voie à de nouvelles poursuites internationales et accentuant l’isolement des réseaux de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).
Un tel geste radical placerait la CRP dans une position intenable. D’abord sur le plan militaire, les FARDC auraient un prétexte pour intensifier les opérations contre ses combattants. Ensuite sur le plan politique, toute tentative de légitimation de la rébellion serait réduite à néant, car elle serait perçue comme une organisation criminelle, incapable de se présenter comme acteur politique crédible.
Dans ce théâtre, si l’Ouganda est avéré comme base arrière de la rébellion, l’affaire pourrait sérieusement envenimer les rapports entre Kinshasa et Kampala. La RDC aurait des arguments pour accuser son voisin d’ingérence et solliciter l’appui international. Dans ce contexte, Thomas Lubanga et ses acolytes deviendraient un fardeau diplomatique pour l’Ouganda, sommé de justifier son rôle.
Pour la population, les conséquences seraient terribles. Un assassinat de gouverneur militaire ouvrirait la voie à des représailles, à de nouvelles offensives et à une escalade de violences. La province de l'Ituri, déjà meurtrie, paierait une fois de plus le prix d’un affrontement qui dépasse ses entendements.
NE.
