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RDC : moderniser les universités congolaises, oui… mais enseigner mieux d’abord (Tribune de Blaise Bonduku)

La modernisation des infrastructures universitaires engagée par le président de la République, Félix Tshisekedi, et son gouvernement mérite d’être reconnue. Construire et réhabiliter des bâtiments universitaires, équiper les auditoires, améliorer l’environnement académique : tout cela participe à redonner une certaine dignité à l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo. Une université moderne dans sa forme est un signal fort envoyé à la jeunesse et à la communauté internationale.

Toutefois, cette modernisation, aussi nécessaire soit-elle, ne saurait constituer une finalité en soi. Car une vérité fondamentale s’impose : ce ne sont pas les murs qui forment les élites, mais la qualité de l’enseignement qui s’y dispense. Une université peut être flambant neuve, équipée de technologies modernes, mais rester inefficace si le contenu pédagogique est faible, si les programmes sont obsolètes et si les enseignants ne jouent pas pleinement leur rôle de transmetteurs du savoir. Le véritable enjeu du système éducatif congolais demeure donc la qualité de la formation, bien plus que l’apparence des infrastructures.

Former des élites capables de penser, d’innover et de développer le Congo exige un recrutement rigoureux d’enseignants hautement qualifiés, compétents et moralement irréprochables. L’université ne peut continuer à tolérer des pratiques qui dénaturent sa mission, où certains enseignants se contentent de vendre des syllabus ou des points, sans véritablement transmettre la matière ni encadrer intellectuellement les étudiants. Une telle dérive affaiblit durablement la formation académique et compromet l’avenir du pays.

Mais il serait injuste et irréaliste d’exiger l’excellence des enseignants sans que l’État n’assume pleinement ses responsabilités à leur égard. La qualité de l’enseignement est intimement liée aux conditions de vie et de travail des enseignants. Un enseignant mal rémunéré, abandonné à lui-même sur le plan social, médical et logistique, aura du mal à donner le meilleur de lui-même. L’État doit donc investir sérieusement dans le capital humain : salaires décents, soins médicaux, facilités de transport, conditions de travail dignes et sécurisées.

En définitive, la réforme de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo doit reposer sur un équilibre clair : moderniser les infrastructures, certes, mais surtout améliorer la qualité de l’enseignement et valoriser les enseignants. C’est à ce prix que l’université congolaise pourra véritablement remplir sa mission historique : former des élites compétentes, responsables et capables de porter le développement du Congo. L’avenir du pays se construit avant tout dans les salles de classe, à travers le savoir transmis et les valeurs inculquées.

Tribune de Blaise-Pascal Bonduku

Patriote-résistant, journaliste et spécialiste en communication