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SAIDI MUNYANYA, CD DES MINES EN ITURI : victime expiatoire d’un duel de pouvoir !

De gauche à droite : le ministre des Mines Louis Watum - le CD Richard Saidi - le gouverneur militaire Johnny Luboya 

À peine revenu de Kinshasa, Richard Saidi Munyanya, Chef de Division des Mines et Géologie de l’Ituri, n’aura tenu que quelques heures dans son bureau le lundi 12 janvier, avant d’être contraint de quitter la province.

Le gouverneur militaire Johnny Luboya a, dans une correspondance, brandi l’argument des «sérieuses préoccupations» liées à sa présence en Ituri pour justifier ce renvoi, mais derrière cette façade se dessinerait un acharnement aux allures de règlement de comptes.

L’affaire remonte à novembre 2025, lorsque Saidi Munyanya fut arrêté dans des circonstances dénoncées comme «arbitraires», sans explication officielle de la part des autorités militaires.

En réalité, le différend remonterait à la décision du ministre des Mines Louis Watum, le 6 octobre 2025, de lever la suspension de l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle en Ituri.

Une mesure qui aurait irrité le gouverneur militaire et déclenché une hostilité ciblée contre Richard Saidi Munyanya, perçu comme celui qui applique fidèlement les directives nationales, portées par le ministre des Mines.

Le meurtre de trois jeunes à Bambunya, attribué à la milice FPIC le 31 octobre 2025, a été instrumentalisé pour incriminer le Chef de Division des Mines. Or, les victimes n’ont pas péri dans un carré minier, mais bien sur le chemin du retour, loin du site.

Toute tentative d’impliquer Saidi Munyanya dans cette affaire est dénuée de sens. La sécurité des populations incombe à l’administration militaire, non au Chef de Division des Mines. L’argument avancé ne résiste pas à l’analyse et traduit un acharnement contre un cadre attaché au respect des textes.

Interdire à Saidi Munyanya de revenir en Ituri, c’est pour le gouverneur militaire une manière de s’imposer en chef absolu. En le bannissant, Johnny Luboya adresserait un avertissement indirect au ministre des Mines, affirmant que c’est lui qui décide. Hélas, dans ce bras de fer qui ne dit pas son nom, c’est un cadre loyal et intègre qui paie le prix, devenu cible innocente.

Pour sa part, le ministre des Mines, qui séjournait en Arabie saoudite en mission de service, n’a pas encore réagi, et le Chef de Division des Mines a regagné Kinshasa. Visiblement, l’affaire est en train de se muer en un duel politique entre Johnny Luboya et Louis Watum, transformant Saidi Munyanya en victime expiatoire.

D’après le Code minier, la hiérarchie d’un Chef de Division des Mines est nationale et passe par le ministre. La compétence de le suspendre ou de le renvoyer n’appartient pas au gouverneur de province, qui ne peut intervenir qu’en sollicitant le ministre pour des motifs graves.

En agissant seul, Johnny Luboya outrepasse ses prérogatives et viole les textes, tombant dans l’excès de zèle. Le cas du Kasaï en 2023, avec Florimond Mwamba Tshibuabua qui avait refusé sa suspension par le gouverneur Pieme en se référant à l’article 11 du Code minier, rappelle que l’autorité centrale est la seule habilitée à sanctionner un Chef de Division.

En attendant la décision du ministre des Mines, il faut insister sur le fait que la suspension ou le renvoi d’un Chef de Division des Mines ne peut être décidé qu’à Kinshasa, et non au niveau provincial.

NE.