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| Sa Majesté Yves Kahwa |
Dans la chefferie des Bahema Banywagi, en Ituri, une nouvelle règle impose aux familles endeuillées de présenter un certificat de décès, une attestation d’inhumation, une attestation de veuvage et une composition familiale avant tout enterrement. Les contrevenants s’exposent à une amende de 100 dollars américains.
Cette mesure, prise sous l’autorité de Sa Majesté Yves Kahwa Panga, se veut administrative et ordonnatrice. Mais dans une région où les coutumes funéraires sont profondément enracinées, où les conditions de vie restent précaires et où la population sort à peine d’une crise sécuritaire, elle apparaît avant tout comme impopulaire.
Chez les Bahema Banywagi, l’inhumation rapide est une exigence culturelle. Elle permet de préserver la dignité du défunt et de respecter les rites ancestraux. L’obligation de formalités administratives avant l’enterrement serait vécue comme une entrave, une bureaucratie déplacée dans un moment sacré.
La population vit dans une pauvreté aggravée par des années de violences. Les familles peinent à se nourrir, à se loger et à se soigner. Dans ce contexte, l’imposition d’attestations coûteuses et la menace d’une amende de 100 dollars, une somme exorbitante pour des ménages de subsistance, ne peut qu’alimenter des questionnements.
Ce n’est pas seulement une question de forme. La mesure touche directement aux sensibilités culturelles et aux réalités sociales. Elle s’impose là où la population attend du répit, et non des contraintes supplémentaires. Elle serait donc condamnée à l’impopularité, quelle que soit la justification avancée.
Réglementer le deuil avec des sanctions financières dans les entités des Bahema Banywagi reviendrait à ignorer la misère et ajouter un fardeau aux familles. Une telle décision ne peut être perçue autrement que comme impopulaire. Elle restera dans les esprits non pas comme un progrès administratif, mais comme une mesure incomprise.
NE.

