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BOJI AU N-KIVU ET EN ITURI : une mission qui nourrit l’espoir d’un côté et la désillusion de l’autre!

Aimé Boji, président de l'Assemblée nationale - RDC

Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a achevé sa mission consacrée à la paix et au développement dans l’Est de la République démocratique du Congo ce vendredi 27 février. Un périple qui l’a conduit dans le Grand Nord et en Ituri, mais dont la portée apparaît inégale selon les provinces.

Au Nord-Kivu, le Speaker de la Chambre basse a consacré trois jours à une série d’activités centrées sur la cohésion communautaire et la relance du développement. À Beni, Oicha, Butembo, Lubero, Lukanga et Kasindi, il a multiplié les rencontres avec les populations, recueillant leurs préoccupations face à la crise sécuritaire et humanitaire.

Le Forum provincial de paix sur la problématique des ADF, ouvert et clôturé par Aimé Boji, a marqué le temps fort de ce séjour. Les travaux ont débouché sur des recommandations stratégiques, parmi lesquelles la mise en place d’un cadre de suivi, l’élaboration d’un plan provincial intégré de lutte contre le terrorisme et le renforcement de la coopération régionale.

En marge de ces assises, le président de l’Assemblée nationale a visité plusieurs chantiers structurants à Beni. L’usine de concassage et de bitumage, l’avenue Jumlani en cours d’asphaltage, le pont Kanzuli sur la route Beni-Mangina et le site du futur Aéroport international Étienne Tshisekedi wa Mulumba à Mavivi ont été salués comme des signes tangibles de résilience et d’espoir.

Mais en province de l'Ituri, la mission a pris une tout autre allure. Arrivé à Bunia ce vendredi 27 février, Aimé Boji n’a passé que quelques heures, se limitant à la visite de quelques chantiers, dont celui de l’aéroport et de l’Université de Bunia avant de regagner Kinshasa. Contrairement au Nord-Kivu, il n’a pas pris le temps d’écouter les différentes couches sociales locales, une absence remarquée dans une province qui traverse pourtant une crise sécuritaire similaire.

Une mission écourtée en Ituri

Car en Ituri, les ADF continuent d’enlever, de brûler des villages et de massacrer des civils dans les territoires de Mambasa et d’Irumu. À leurs côtés, plusieurs autres groupes armés restent actifs, dont la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga dans le territoire de Djugu, qui trouble la quiétude de la population. 

À Bule, théâtre d’affrontements réguliers entre les combattants de Thomas Lubanga et les Forces armées de la RDC, la situation humanitaire est catastrophique. Les sites de déplacés parsèment l’ensemble de la province, jusque dans la ville de Bunia où des milliers de familles survivent sans une assistance humanitaire suffisante.

Dans ce contexte, l’arrivée du président de l’Assemblée nationale avait suscité un espoir. Les populations et acteurs locaux attendaient qu’il prête une oreille attentive à leurs cris, comme il l’avait fait au Nord-Kivu. Mais son bref passage, sans véritable échange avec les communautés locales, a laissé un goût amer.

La question reste posée. Aimé Boji a-t-il minimisé la gravité de la situation en Ituri ou a-t-il estimé que tout allait suffisamment bien pour ne pas s’attarder ? Les Ituriens, eux, s’interrogent sur ce contraste et sur la place réelle accordée à leur province dans l’agenda national de paix et de développement.

La Rédaction