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| Le député national Willy Mishiki |
Lorsqu’un système mafieux prospère dans l’ombre, il prospère dans le silence. Mais dès qu’on allume la lumière, les cris commencent. Au sein du Ministère de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, la lumière a été allumée. Et depuis, les masques tombent.
Pendant longtemps, ceux qui aujourd’hui crient à la prétendue «incompétence» de la ministre d’État Raïssa Malu ne trouvaient rien à redire. Aucun vacarme. Aucune indignation. Aucun procès médiatique. Pourquoi ? Parce que leur système d’opération n’avait pas encore été mis à nu.
Mais tout a basculé lorsque des enquêtes internes ont permis de découvrir un mécanisme bien huilé; des écoles fictives, des enseignants inexistants, des listes gonflées artificiellement… Le tout servant à siphonner, mois après mois, l’argent du Trésor public. Un réseau structuré, protégé, et visiblement couvert par des parrains politiques.
La suspension de Mbaka : le point de rupture
La suspension de Boniface Mbaka, présenté comme un rouage central de ce système, a provoqué une agitation inhabituelle dans certains milieux politiques. Députés nationaux, anciens ministres, anciens chefs de services... En effet, une coalition de circonstance s’est formée, non pas pour défendre l’école congolaise, mais pour défendre un homme et, à travers lui, un réseau.
La virulente sortie médiatique du député national Willy Mishiki sur les antennes de Top Congo FM en est une illustration frappante. Menaces voilées, insinuations, mise en cause personnelle. Ici, le ton employé par cet élu en dit long sur la nervosité de ceux qui se sentent atteints.
Mais pourquoi tant d’agitation ?
Des sources concordantes évoquent l’existence d’intérêts directs dans certaines provinces, notamment au Sud-Kivu, où des établissements et des enseignants fictifs auraient servi de canaux de détournement.
Un autre acteur politique, élu de Tshikapa dans la province du Kasaï, serait également cité parmi les figures gravitant autour de ce réseau. Son passage controversé au sein d’une structure liée aux enseignants (MESP) et la perte d’influence consécutive aux réformes actuelles alimentent les soupçons quant à ses motivations.
Servir la République ou laisser prospérer le système mafieux ?
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse les querelles politiciennes. Il s’agit d’un choix audacieux, celui de travailler pour la cause supérieure de la nation congolaise. Depuis son arrivée à la tête du ministère de l'éducation, Raïssa Malu a engagé une opération d’assainissement qui, visiblement, ne cesse de déranger le système mafieux qui était établi.
Raïssa Malu se retrouve aujourd’hui confrontée à l’hostilité de certains acteurs en perte d’influence. Son leadership visionnaire, qui a apporté une stabilité relative au secteur de l’éducation nationale, s’est accompagné d’une volonté affirmée de rationaliser les dépenses publiques. En imposant rigueur et traçabilité, elle a mis à mal les pratiques opaques qui profitaient à des réseaux mafieux.
Détracteurs confondus !
Il est plus facile de crier au scandale que d’expliquer pourquoi des écoles inexistantes figuraient sur des listings officiels. Il est plus simple de lancer des attaques personnelles que de répondre aux accusations de détournement systémique. Mais l’opinion publique n’est plus dupe.
La réforme de l’éducation en République démocratique du Congo ne peut pas être l’otage de réseaux mafieux camouflés derrière des mandats électifs.
Ceux qui ont profité du chaos doivent répondre devant l’histoire et, le cas échéant, devant la justice. L’école congolaise mérite mieux que des écoles fantômes. Les enseignants méritent mieux que des collègues imaginaires. Le Trésor public mérite mieux que des prédateurs en costume.
Le chien aboie, la caravane passe. Et la réforme doit continuer.
Blaise-Pascal Bonduku
