Depuis quelques jours, les élus de l’Ituri réunis en caucus multiplient les rencontres avec notables, responsables d’entreprises locales, associations culturelles, société civile et autres. Une démarche qui vise à écouter directement la population et à porter ses préoccupations auprès des décideurs nationaux.
Ces assises, organisées en pleine vacances parlementaires, traduisent une volonté nouvelle. Le caucus veut recenser les défis majeurs de la province pour en faire des plaidoyers au niveau national.
À sa tête, le député national Pitchout Iribi affiche une détermination qui tranche avec l’inertie passée. Longtemps perçu comme inexistant, le caucus des élus de l’Ituri semble aujourd’hui renaître, porté par une énergie et un engagement remarquables.
Les travaux se déroulent dans un contexte marqué par des inquiétudes sécuritaires persistantes. Pitchout Iribi a reconnu quelques avancées, mais la réalité reste sombre dans certaines zones comme à Bule, situé dans le territoire de Djugu.
En Ituri, des dizaines de milliers de déplacés survivent dans près de soixante-dix sites, à commencer par Bunia. Leur voix ne peut être ignorée. Ces populations, victimes directes des violences, ont des propositions et des préoccupations essentielles à partager, sans aucun doute. Les écouter renforcerait le travail du caucus dans ses plaidoyers.
Un acteur incontournable reste également l’Église catholique. Rencontrer Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, serait un geste fort. Depuis des années, il incarne la voix des sans-voix, appelant sans relâche les Ituriens à abandonner les armes pour bâtir la paix.
L’Église, elle-même victime de l’insécurité, demeure un repère moral et social. Associer son opinion à ce processus donnerait plus de poids au plaidoyer des élus de l'Ituri.
Avec l'honorable Pitchout Iribi à sa tête, il faut reconnaître que ce caucus parlementaire revitalisé a l’opportunité de devenir un véritable instrument de défense des intérêts de l’Ituri. La province a trop longtemps souffert d’un déficit de représentation efficace.
Aujourd’hui, une fenêtre s’ouvre. Celle d’un caucus qui, enfin, se met au service de la cause commune. Reste à savoir si cette énergie nouvelle va aussi aller à la rencontre des déplacés dont plusieurs enfants se sont aujourd’hui jetés dans la prostitution à cause de la misère, d’autres devenus mendiants dans la ville de Bunia faute de moyens, et de l’Église catholique, mieux représentée par Monseigneur Dieudonné Uringi, qui demeure un acteur religieux engagé pour la paix en Ituri.
NE.
