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| Le Bishop José Mukoko |
Alors que l’Église Chrisco s’apprête à tenir une assemblée générale extraordinaire ce jeudi 12 mars, sauf changement de dernière minute, le Bishop José Mukoko opte pour la fuite en avant depuis Kinshasa.
Il affirme que «cette assemblée aura lieu sans notre presbytérie concernée» et appelle la présidence de la République ainsi que le ministre d’État en charge de la Justice et garde des Sceaux à en prendre acte. La démarche de José Mukoko trahit ses manœuvres aux allures diaboliques.
Pourquoi impliquer l’État dans une affaire privée de l’Église Chrisco, et ne pas s’adresser à la hiérarchie internationale pour justifier son absence à l’assemblée générale ? Il y a lieu de penser qu’il cherche à éviter l’épreuve de vérité et qu’il redoute les reproches de la direction internationale de l'Eglise Chrisco déjà informée de ses manœuvres. Il est surprenant de constater que José Mukoko a choisi une stratégie de contournement, fragilisant davantage l’unité que devrait incarner un pasteur.
Depuis plusieurs mois, l’Église Chrisco de Bunia est traversée par une crise interne. Le leadership de José Mukoko ne fait plus consensus et son insoumission à la hiérarchie nationale est dénoncée comme une situation qui met en péril la cohésion de la communauté.
Mais la crise autour du Bishop José Mukoko dépasse désormais le cadre ecclésiastique. Le média NouvelEchoRdc affirme qu’il refuse d'honorer une facture de communication datant de décembre 2025. Cette campagne de relations publiques avait pour objectif de mettre en avant sa participation à Nairobi, lors de l’assemblée générale de Chrisco International, et de renforcer son image face à la hiérarchie nationale.
Bien que l’article ait été publié, la facture reste impayée depuis plus de trois mois tandis que José Mukoko multiplie les manœuvres dilatoires pour éviter tout contact direct.
Tension et menaces
Pour la direction du média lésé, cette attitude traduit un mépris pour le travail accompli et une contradiction flagrante avec les valeurs bibliques. Elle martèle qu'aucun homme, surtout pas un pasteur, ne devrait confisquer le salaire du travail d’autrui et promet de poursuivre ses dénonciations.
La tension est montée lorsque des proches du Bishop, dont l'administrateur Styve Kabambi, ont brandi la menace judiciaire contre le média, une stratégie perçue comme une tentative d’intimidation soutenue par José Mukoko lui-même.
Dans l’opinion, ces accusations renforcent l’image d’un représentant ecclésiastique en décalage avec ses propres enseignements. José Mukoko est soupçonné de vouloir créer sa propre Église en emportant une partie des fidèles. Le scénario d'une rupture brutale semble privilégié par le Bishop qui miserait sur un conflit de leadership entretenu pour rallier des fidèles à sa future église indépendante.
Selon des indiscrétions internes, le cœur du conflit serait purement financier car José Mukoko n'aurait jamais digéré l'idée de transmettre les rapports administratifs et financiers de Bunia à Kinshasa.
L'ombre d'une dissidence
Le Bishop José Mukoko revendique l’autonomie de Chrisco Bunia, qu’il aime administrer comme sa boutique personnelle, sans vouloir rendre de comptes à Kinshasa. Son refus du contrôle, perçu comme une quête de pouvoir et d’argent, alimente la confusion parmi les fidèles.
Dans le même temps, le Révérend cultive son image publique en apparaissant à Nairobi aux côtés de Maman Koradas, épouse du cofondateur de Chrisco International, renforçant l’idée d’une proximité avec la hiérarchie internationale pour manipuler l'opinion locale et justifier son bras de fer avec Kinshasa au détriment de l’unité de l’Église.
Kinshasa veut ramener l'ordre
L’assemblée générale extraordinaire prévue ce jeudi, sauf changement, vise donc à réaffirmer l’autorité nationale et à restaurer l’harmonie au sein de l’Eglise. L’Apôtre Samuel Dikaniakina, à la tête du presbyterium national, a rappelé que Dieu est un Dieu d’ordre et de paix, et non de confusion, insistant sur l’existence d’un seul centre de commandement pour Chrisco/RDC, établi à Kinshasa.
Pour la hiérarchie nationale, il s'agit d'un rendez-vous important pour rassurer les nombreux fidèles de Bunia qui se sentent aujourd'hui abandonnés sans véritable guide spirituel soucieux de l'unité pour une bonne marche de l'Eglise.
La Rédaction