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| Une vue des miliciens FRPI |
Le lac Albert, poumon économique de la province de l'Ituri, est devenu le théâtre d’une prédation systématique. Depuis le début de l’année 2026, plus d’une centaine de pêcheurs opérant dans les territoires d’Irumu et de Djugu ont été la cible de pillages récurrents, orchestrés selon les acteurs locaux par des miliciens de la FRPI.
Le constat dressé par la Fédération des comités des pêcheurs du lac Albert (FECOPELA) est alarmant. En l’espace de trois mois, le matériel de production - filets, moteurs hors-bord et stocks de carburant - ainsi que les prises quotidiennes ont été systématiquement confisqués lors d'incursions armées.
Plus grave encore, la FECOPELA dénonce une véritable substitution à l'autorité publique. Les miliciens de la Force de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) effectueraient des patrouilles illégales sur le lac, s'arrogeant le rôle de régulateurs de la pêche en lieu et place des services officiels.
«Ces actes se déroulent sous le regard des forces navales et de la police lacustre», déplore la structure, pointant du doigt l'impuissance, voire la passivité, des services de sécurité censés protéger les eaux territoriales congolaises.
Les conséquences de cette insécurité ne sont pas seulement sécuritaires, elles sont profondément sociales, indiquent des sources locales contactées par NouvelEchoRdc. Privés de leurs outils de travail, de nombreux pêcheurs ont été contraints de cesser toute activité, plongeant des familles entières dans la précarité.
Sur les marchés locaux, l'impact est immédiat. La rareté du poisson a provoqué une flambée des prix, menaçant la sécurité alimentaire des populations riveraines, poursuivent les mêmes sources.
Moïse Uweci Welekano, président de la FECOPELA, lance un cri d'alarme. «La sécurité sur le lac Albert est essentielle pour la paix», a-t-il déclaré, appellant le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour restaurer l'autorité de l'État dans cette zone.
Contactés par nos soins ce vendredi 20 mars, ni l'armée régulière (FARDC) ni le comité de surveillance du lac Albert n'ont souhaité réagir à ces accusations. En Ituri, province sous état de siège depuis 2021, l'imposition de l'autorité de l'État sur l'ensemble de la province reste l'un des réels défis.
La Rédaction