L'insécurité persistante dans le nord-est de la République démocratique du Congo franchit un nouveau seuil critique. Dans le territoire de Mambasa, les incursions répétées des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ce dernier mois ont entraîné la fermeture de 19 établissements scolaires, laissant des milliers d'enfants sans école.
Le bilan humain et logistique est considérable dans la région de Muchacha. Selon Samuel Kimakima Amsini, chef de la sous-division de l'enseignement Mambasa 3, ce sont précisément 5 082 élèves, dont près de la moitié sont des filles, qui ont été contraints d'abandonner les bancs de l'école.
Le désastre touche l'ensemble du parcours scolaire. Deux écoles maternelles, dix primaires et sept secondaires sont désormais closes au centre pédagogique de Badengaido. Derrière ces chiffres, c'est tout un corps enseignant, 171 professeurs, qui se retrouve déplacé, fuyant les exactions des rebelles d'origine ougandaise, les ADF.
«L'éducation demeure un droit fondamental, même en période de crise», a rappelé Samuel Kimakima Amsini. Face à l'urgence, les autorités scolaires locales tentent d'organiser la résilience. Une opération d'identification a été lancée à Nyanya et dans les localités environnantes pour recenser les élèves déplacés et planifier leur réintégration dans des centres pédagogiques encore sécurisés.
Malgré la volonté de maintenir une continuité pédagogique dans les zones non touchées, les infrastructures manquent cruellement de moyens. Le chef de sous-division a lancé un cri d'alarme aux partenaires humanitaires et éducatifs.
Les besoins sont élémentaires mais vitaux. Les autorités scolaires ont besoin des bâches pour créer des classes temporaires, des cahiers, des craies et du mobilier de base pour éviter une «année blanche» pour ces enfants déjà traumatisés par les violences. Le défi est immense.
La Rédaction