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| Le député national Paul Babangu |
Très engagé dans son rôle d’élu national, Paul Babangu, député de la circonscription électorale d’Irumu, a produit son rapport des vacances parlementaires de décembre 2025 à mars 2026, conformément aux articles 144 et 145 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Dans ce document parvenu à notre rédaction, l’élu de l’Ituri dresse un état des lieux détaillé de la situation politique, sécuritaire, administrative, économique, sociale et culturelle de sa circonscription.
Sa démarche, il faut le souligner, s’est articulée autour de rencontres communautaires sous forme de meetings populaires, suivis d’échanges approfondis avec les autorités provinciales, les enseignants, les soignants, les responsables religieux, les représentants de la société civile, les chefs coutumiers, les femmes, les jeunes, ainsi que les ONG et ASBL locales.
Ce travail de terrain a permis à l’honorable Paul Babangu de formuler des recommandations pertinentes à l’endroit de l’Assemblée nationale, du Gouvernement et d’autres institutions de la République.
Sécurité et gouvernance : appel à l’action
Face aux préoccupations sécuritaires exprimées par la population, Paul Babangu demande au Gouvernement d’intensifier les opérations militaires contre les groupes armés et instaurer des mécanismes de dialogue communautaire dans le territoire d’Irumu et restaurer l’autorité de l’État dans les zones fragilisées.
Infrastructures et services publics
Le rapport plaide pour la réhabilitation et la construction des bâtiments administratifs pour les ETD, l’asphaltage des RN4, RN27 et de la route Bunia-Kasenyi, avec transformation en route d’intérêt national et l’accélération du projet bilatéral de construction du pont sur la rivière Semuliki (Buguma).
Justice et droits humains
L’élu d’Irumu recommande de déployer davantage de magistrats et renforcer l’indépendance judiciaire ainsi que de mettre en place des mécanismes de protection des droits de l’Homme.
Économie et finances
Paul Babangu propose de réhabiliter les routes de desserte agricole et créer des marchés modernes, encourager les unités de transformation locale et soutenir les coopératives, promouvoir l’usage du franc congolais et renforcer les institutions financières locales et créer un climat fiscal et sécuritaire favorable aux investisseurs.
Social et culturel
Le rapport appelle à réhabiliter les infrastructures scolaires et universitaires, moderniser ISP Gety et ISP Komanda, construire et équiper des centres de santé, intensifier les campagnes de vaccination, mettre en place des programmes sociaux pour les déplacés, orphelins et femmes victimes de violences, construire des infrastructures sportives et culturelles, lancer des programmes de reboisement et valoriser le tourisme écologique et accélérer l’exécution du programme de développement local des 145 territoires.
À l’Assemblée nationale
Concernant le contrôle parlementaire, Paul Babangu demande dans son rapport, de mettre en place un mécanisme de suivi régulier sur l’avancement des projets dans la province de l’Ituri, notamment les 145 territoires et recommande d’exiger des rapports périodiques du Gouvernement sur la sécurisation du territoire et l’état des infrastructures.
Sur le plan législatif, il recommande d’adopter des lois renforçant la protection des droits de l’Homme et la transparence dans la gestion foncière et coutumière et de réviser le cadre légal pour faciliter l’investissement privé dans les zones fragiles.
En matière de plaidoyer, le député national Paul Babangu suggère de porter la voix des populations d’Irumu et de l’Ituri dans les débats nationaux, de plaider pour la transformation de la route Bunia-Kasenyi en route d’intérêt national et de défendre la mise en œuvre rapide du projet bilatéral RDC-Ouganda (pont sur la Semuliki).
Pour l’appui institutionnel, l'élu de l'Ituri demande de renforcer le rôle des ETD par des textes clairs sur leur autonomie financière et administrative et de promouvoir des initiatives parlementaires pour soutenir l’éducation, la santé et la protection sociale.
Une vision claire pour l’Ituri
Pour Paul Babangu, «le Gouvernement doit agir sur le terrain par des réalisations concrètes (sécurité, infrastructures, services sociaux), tandis que l’Assemblée nationale doit assurer le contrôle, le plaidoyer et l’adaptation du cadre légal. Ensemble, ces deux institutions doivent converger vers l’objectif central paix durable et développement concret en Ituri».
Par ailleurs, «nous avons présenté à la population les grandes lignes du travail parlementaire effectué durant la session de septembre, essentiellement axée sur les questions budgétaires. Nous avons également mené une campagne de sensibilisation sur l’unité nationale, la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble, dans un contexte marqué par une insécurité persistante. Celle-ci est alimentée d’une part par l’agression rwandaise dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, et d’autre part par les exactions des groupes armés ADF-NALU dans la partie Est du territoire d’Irumu et plus largement dans la province de l’Ituri», renseigne-t-il.
Le rapport de l'honorable Paul Babangu souligne que «le problème central de l’Ituri est la paix durable et le développement concret. La sécurité doit être consolidée pour permettre aux réformes administratives, économiques et sociales de prospérer».
Enfin, «le développement doit se traduire par des réalisations tangibles : routes asphaltées, écoles modernes, hôpitaux équipés, électrification et programmes sociaux», renchérit le même travail des vacances parlementaires.
Dans un second document transmis à la Première ministre Judith Suminwa, Paul Babangu détaille les «Desiderata de la population d’Irumu», mettant en lumière les besoins urgents en matière de sécurité, gouvernance locale, infrastructures, santé, éducation, protection sociale et développement économique.
«La population d’Irumu insiste particulièrement sur deux priorités fondamentales : la recherche d’une paix durable et la concrétisation d’un développement tangible. Ces aspirations nécessitent des actions coordonnées et rapides de la part du Gouvernement afin de restaurer la confiance et d’améliorer les conditions de vie», écrit-il à la Cheffe du Gouvernement.
Un travail inédit, porté par un élu de terrain, qui espère voir ses recommandations et suggestions traduites en politiques publiques concrètes.
Germain Aboki


