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| Hon. Sénateur Bahati Lukwebo |
Clap de fin pour Modeste Bahati Lukwebo au bureau du Sénat. Visé par une procédure de destitution, le deuxième Vice-président de la chambre haute a choisi de devancer le vote des élus en remettant sa démission ce mercredi 18 mars.
C’est une sortie par la petite porte pour l'une des figures centrales de la politique congolaise. Ce mercredi, Modeste Bahati Lukwebo a officiellement remis sa lettre de démission à Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat. Ce geste intervient moins de 24 heures après le dépôt d’une pétition de déchéance initiée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya (UDPS) et soutenue par une large signature d'élus.
Interrogé sitôt après son passage au cabinet de la présidence du Sénat, le sénateur Bahati Lukwebo a justifié son retrait par une volonté d'apaisement. «Je me disais que ça ne sert à rien d'engager un bras de fer avec mes collègues», a-t-il déclaré, ajoutant que «quand on reçoit un mandat, on doit se préparer à le quitter à tout moment».
Au cœur de l'affaire, une déclaration récente sur la révision de la Constitution qui a mis le feu aux poudres au sein de l'Union Sacrée, la coalition au pouvoir. L’élu du Sud-Kivu avait affirmé que le pays souffrait d'un «problème d'hommes» plutôt que «de textes», une analyse perçue par ses pairs comme une critique de la ligne officielle.
«Je croyais m'être bien expliqué, mais voilà. Dans ma nature, je n'aime pas la confrontation», a précisé Bahati Lukwebo, tout en maintenant sa position sur la nécessité de travailler sur la «mentalité et le comportement» pour assurer la bonne application des lois.
Outre les griefs d’incompétence et de «manque de respect envers les institutions» formulés par les pétitionnaires, Bahati Lukwebo a vu ses soutiens s’effriter jusque dans son propre camp. Plusieurs cadres de son regroupement politique, l’AFDC-A, avaient publiquement pris leurs distances, l'appelant à tirer les «conséquences politiques» de ses prises de position.
Ancien président du Sénat entre 2019 et 2024, Bahati Lukwebo occupait le poste de deuxième vice-président depuis les dernières élections. Sa chute libère un siège important au sein du bureau de la chambre haute, ouvrant la voie à une nouvelle bataille d'influence pour le contrôle de l'institution.
La Rédaction
