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RENTRÉE PARLEMENTAIRE : l'urgence sécuritaire en Ituri exige que ses élus cessent d'être des «figurants» à Kinshasa

Une vue des élus nationaux de l'Ituri 

Alors que les rideaux se lèvent ce lundi sur une nouvelle session parlementaire dans la capitale congolaise, l'ombre d'une insécurité persistante plane sur la province de l'Ituri.

Si les regards de l'exécutif restent rivés sur la crise du Kivu, la province voisine de l’Ituri s’enfonce dans une spirale de violence que ni l’état de siège, ni les opérations conjointes avec l’Ouganda ne semblent freiner.

Le décor sécuritaire est celui d'une province qui suffoque. En l’espace de quelques jours, une succession d’attaques d'une rare violence a rappelé la fragilité extrême du contrôle étatique dans cette région riche en ressources minières.
Dans le territoire de Mambasa, l’organisation État islamique a revendiqué une incursion sanglante dans la nuit du 11 au 12 mars contre des sites miniers à Muchacha. Le bilan - morts d'hommes, installations incendiées et fuite éperdue des populations - démontre la capacité de nuisance intacte des groupes armés malgré cinq années d'administration militaire.
Plus au nord, dans le territoire de Djugu, la terreur change de visage mais garde la même brutalité. La milice CODECO est pointée du doigt dans un nouveau massacre ayant coûté la vie à au moins 25 civils. Parallèlement, l’activisme de la CRP (Convention pour la Révolution Populaire) de Thomas Lubanga, sème le chaos dans la chefferie des Bahema Badjere, jetant des milliers de déplacés sur les routes de Bule.
Pour les élus de l’Ituri, cette rentrée parlementaire devraient marquer la fin du silence. Face à une province devenue l’épicentre d’attaques terroristes, entre villages incendiés et exécutions de civils, ils doivent prendre le devant de la scène politique nationale pour placer l’Ituri au sommet des priorités sécuritaires. 
Cette session, pour ces élus, ne peut être une simple formalité parlementaire, mais doit s'imposer comme l'ultime test de leur capacité à représenter une population meurtrie par l’activisme des groupes armés. «Les élus ne peuvent plus se contenter d'être de simples observateurs dans l'hémicycle», confie un analyste politique local.
Après une mission de consultation sur le terrain, ces parlementaires portent sur leurs épaules les doléances d'une base meurtrie. Le sentiment d'une «insécurité à deux vitesses», où le Grand Kivu monopolise l’attention nationale et internationale, nourrit une frustration croissante au sein de l’opinion iturienne.
Face à la multiplication des attaques terroristes en Ituri, les regards se tournent vers les élus de la province. Leur défi est immense, faire de la souffrance de Mambasa et Djugu une priorité nationale immédiate. Les jours à venir révéleront si ces représentants ont le poids politique nécessaire pour obtenir une réponse à la hauteur de la crise sécuritaire actuelle. 
NE.