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| M. Jean Mabi, DG du BCECO (suspendu) |
La suspension du Directeur général du Bureau central de coordination, Jean Mabi, décidée par le ministre des Finances pour une «gestion catastrophique et prédatrice», assortie de soupçons de détournements de fonds et d’un manque de résultats tangibles dans les projets financés par l’État et ses partenaires, continue de provoquer des remous dans la capitale congolaise.
Le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) salue cette décision qu’il considère comme une étape nécessaire pour assainir la gestion des projets publics en République démocratique du Congo.
Dans son communiqué, le CREFDL souligne que «cette situation est le résultat du non-respect de l’article 13 de la Loi relative aux marchés publics, du Décret n°10/32 du 28 décembre 2010 et de la Loi de finances de l’année». Pour l’organisation, l’absence d’application de ce cadre réglementaire a fragilisé la qualité de la dépense publique et limité l’impact des projets sur les conditions de vie des populations, en milieu rural comme urbain.
Le CREFDL insiste sur le fait que «cette mesure de suspension devrait être suivie d’un audit indépendant de la gestion de tous les projets confiés au BCECO et aux autres agences d’exécution depuis 2020».
Le Centre recommande au gouvernement de «renoncer au recours aux entités ad hoc et se conformer à la Loi relative aux marchés publics et au Décret n°10/32 du 28 décembre 2010». Dans son communiqué, il appelle également à respecter la Loi de finances, qui fixe les affectations budgétaires et détermine les services habilités à engager la dépense publique.
Sans détour, le CREFDL interpelle l’Inspection générale des finances et la Cour des comptes, en leur demandant «d’auditer la gestion de tous les projets de développement confiés au BCECO et aux autres agences d’exécution depuis 2020».
Pour le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement LocalSeule une évaluation rigoureuse permettra de restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des fonds publics. La suspension du DG du BCECO doit marquer le début d’une réforme profonde de la gestion des projets publics en RDC, afin que les investissements se traduisent enfin par une amélioration tangible du quotidien des Congolais, laisse entendre le CREFDL.
La Rédaction
