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AÉROPORT DE BUNIA : le rapport qui accable les travaux de Mont Gabaon ?

Une vue de l'aéroport modernisé de Bunia 

La modernisation de l’aéroport  de Murongo, qui devait permettre à la province de l'Ituri de se connecter aux réseaux aériens internationaux, ferait l’objet d’un déclassement technique de grande envergure.

Selon les conclusions, apprend-on des sources concordantes, d'une inspection diligentée par l’Aviation civile et le ministère des Transports, l’ouvrage ne répondrait pas aux exigences de sécurité de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
L’ambition affichée par les autorités de Kinshasa pour le désenclavement de l’est de la RD Congo se heurterait aujourd’hui à une réalité technique pour le moins brutale. Confié à la société Mont Gabaon, le chantier de l’aéroport de Bunia devait initialement propulser la province de l’Ituri sur la scène régionale.
Cependant, les résultats d'une récente mission d'inspection auraient douché ces espoirs. Les experts mandatés par les autorités de régulation auraient en effet conclu à une non-conformité structurelle, reléguant l’aéroport au statut d’infrastructure strictement nationale.
L’expertise qui fâche
Si le rapport officiel reste confidentiel, les griefs retenus par les inspecteurs lors de leur passage pointeraient des manquements structurels rédhibitoires. La piste de décollage, cœur névralgique du projet, présenterait des signes de fragilité inquiétants.
Les techniciens auraient relevé la présence de fissures prématurées sur le bitume, imputables à une instabilité du sol que les travaux de terrassement n’auraient pas permis de corriger. Plus grave encore, la qualité des marquages au sol aurait été jugée inadéquate, la peinture utilisée étant susceptible de compromettre l'adhérence des appareils lors des phases critiques du vol.
Le constat des inspecteurs ne s’arrêterait pas à la qualité des matériaux. L’absence de balisage nocturne ainsi que l'inexistence d’une clôture périmétrique, laissant le champ libre aux divagations animales sur le tarmac, auraient pesé lourdement dans la décision de refuser l'homologation internationale.
D'après une certaine indiscrétion à NouvelEchoRdc, ces défaillances ne seraient pas de simples finitions, mais constitueraient une menace directe pour la sécurité de la navigation aérienne.
Un contrôle en pointillé
Ce fiasco technique soulève inévitablement la question de la surveillance du chantier. Alors que l’État a consenti d’importants investissements, l’inspection aurait mis en lumière une faillite de la chaîne de contrôle.
Le Bureau Technique de Contrôle (BTC), dont la mission en province est de s'assurer de la rigueur de l'exécution des travaux exécutés, sous le feu des critiques, aurait validé des étapes de construction dont les lacunes sautent aujourd’hui aux yeux des experts ministériels.
Le gouvernement central se retrouve face à un dilemme de taille. Faudra-t-il commander de nouveaux travaux pour corriger les erreurs pointées par l’inspection ? C'est toute la question. Une chose est certaine, le rendez-vous de l'Ituri avec le ciel international attendra, le temps que soient tirées les conclusions d'un audit qui ressemble déjà à un sévère désaveu pour les acteurs locaux du BTP et de l'entreprise ayant exécuté les travaux.
Comment un tel naufrage a-t-il pu échapper à la vigilance des autorités locales ?
Il semble urgent de déterminer si la Division provinciale des ITPR a été associée, comme l'exigent les textes, au contrôle de ce chantier. Si tel n’est pas le cas, l’aéroport de Bunia ne serait pas seulement une victime de malfaçons techniques, mais aussi celle d'un court-circuit institutionnel majeur. Le dossier ne fait que commencer. À suivre.
NE.