Ticker

Ad Code

ACTUALITÉS
Récupération des articles en cours...

ITURI : sous le choc, l’association ENTE dénonce un massacre de 86 civils (Hema) par la CODECO et appelle à «ne pas rendre le mal pour le mal»

Me Jean-Claude Ngadjole, président de l'association ENTE

La nuit du 28 avril, le territoire de Djugu a de nouveau basculé dans l’horreur. Une attaque de la CRP contre une base militaire des FARDC à Pimbo, sur la colline Ndje, a été suivie au matin d’un massacre de civils dans les localités de Lowa et Dhendru, dans le groupement Lona Lodzikpa, selon le communiqué de ENTE.

Les villages de Lilo 1, Lilo 2 et Zanyo ont également été frappés. Les assaillants, identifiés comme des miliciens CODECO venus de plusieurs zones, ont laissé derrière eux un bilan provisoire de «86 corps des personnes tuées et ramassées», indique l’association culturelle ENTE, qui regroupe le peuple Hema.

Les témoignages évoquent des maisons pillées et incendiées, des familles décimées, des femmes et des enfants exécutés. «À B’Bassa, ce sont les corps des civils innocents, à majorité des femmes, enfants et vieillards, qui gisent sur le sol», souligne le communiqué, en réponse aux déclarations du chef milicien Bassa Zupka, chef de la milice CODECO, qui prétendait avoir neutralisé des éléments de la CRP.

Le directoire national d’ENTE condamne «avec fermeté» l’attaque contre la base militaire de Pimbo, qui a coûté la vie à plusieurs soldats, note le document consulté par NouvelEchoRdc. Il présente ses condoléances aux forces loyalistes et dénonce «la mauvaise foi de la CODECO, par leur hypocrisie et leur soif de sang», accusant ladite milice d’être alliée aux ADF/NALU et de compromettre les efforts de paix menés par les communautés Hema et Lendu au sein de le synergie GIPP.

Pour ENTE, ce massacre survient alors que les deux communautés Hema et Lendu avaient engagé un processus de sensibilisation pour «cesser avec la guerre». L’association estime que ces violences risquent de remettre en cause «tous les efforts déjà fournis» et de plonger à nouveau la province dans un cycle de représailles, ce qui est à éviter. 

Dans son communiqué, l’association formule plusieurs recommandations. Elle demande au gouvernement central de diligenter une enquête neutre, de désarmer sans délai la milice CODECO et de sécuriser correctement les zones de retour des déplacés. Elle appelle la CRP à «cesser de s’attaquer aux forces armées» et les FARDC à protéger la population «sans distinction aucune» et à intervenir rapidement pour éviter de «se contenter de compter les morts».

À la milice CODECO, ENTE exige de «cesser de tuer gratuitement la population paisible innocente» et de privilégier la paix «déjà acquise aux prix d’énormes sacrifices». Enfin, à la communauté Hema, l’association recommande de «ne pas rendre le mal pour le mal, mais de rester vigilante et unie, en faisant confiance aux forces de défense et de sécurité».

«Le soleil finira par apparaître un jour», conclut le communiqué, qui présente ses condoléances aux familles des victimes et aux communautés Hema et Mambisa.

La Rédaction