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| Dr Marcel Lola-Loway, Chef de la DPS/Ituri - Photo d'illustration tirée de l'Acp |
Pendant que les finalistes du secondaire affrontent cette semaine les épreuves de l'Examen d'État, dans un contexte lié à l'épidémie d'Ebola, la communication sanitaire devrait être au cœur des actions de la Division provinciale de la santé, dont l'une des responsabilités en province est la promotion de la santé et la communication des risques, à travers les campagnes de sensibilisation et d'éducation sanitaire.
Pourtant, sur le terrain, nombreux sont ceux qui peinent à percevoir la présence et l'engagement de la Division provinciale de la santé (DPS) dans la sensibilisation des populations durant cette période. Selon des spécialistes, une riposte ne se gagne pas uniquement dans les centres de traitement ou les laboratoires.
Elle se gagne aussi dans les communautés, à travers une communication permanente, transparente et adaptée aux réalités locales. Face à Ebola, la peur, les rumeurs et la désinformation peuvent parfois se propager plus vite que le virus lui-même.
Or, au moment où des milliers de candidats se regroupent dans les centres d'examen, l'on s'attendait à voir la DPS multiplier les campagnes de sensibilisation dans les écoles, les médias locaux, les marchés et les lieux publics. Les élèves, les enseignants, les parents et les surveillants devraient être régulièrement informés des mesures de prévention et des conduites à tenir en cas de suspicion. Malheureusement, cette mobilisation demeure peu visible, voire inexistante dans plusieurs coins de la province, c'est selon.
Il ne s'agit pas de nier les efforts qui peuvent être accomplis en interne ni les contraintes auxquelles fait face le système sanitaire provincial. Cependant, dans une situation d'urgence sanitaire, l'efficacité d'une institution se mesure aussi à sa capacité à rassurer, informer et mobiliser la population. Il faut dire que le silence ou l'insuffisance de communication de la Division provinciale de la santé créent un vide rapidement occupé par les spéculations et les fausses informations qui pèsent sur la riposte.
La DPS de l'Ituri dispose pourtant d'un rôle stratégique. Elle doit être la voix officielle de la riposte, celle qui informe régulièrement sur l'évolution de la situation, explique les mesures prises et répond aux préoccupations de la population. Une présence médiatique accrue, des points de presse réguliers et des actions de proximité dans les centres d'examen d'État durant cette semaine contribueraient à renforcer la confiance du public et la riposte.
En tout cas, l'heure n'est pas à la complaisance, elle est à l'action concrète si l'on veut vaincre la maladie à virus Ebola en province de l'Ituri. Les autorités de la Division provinciale de la santé doivent comprendre que communiquer n'est pas une activité secondaire de la riposte ; c'est l'un de ses principaux piliers. Face à Ebola, chaque jour de silence est une occasion perdue de protéger la population.
À l'heure où les finalistes jouent leur avenir dans les salles d'examen, la DPS doit également jouer pleinement son rôle dans la protection de la santé publique. Que dire de plus dans cet éditorial ? Dans la lutte contre Ebola, informer, sensibiliser, c'est déjà sauver des vies.
NE.
