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RDC : l’épidémie d’Ebola en Ituri devient une «urgence humanitaire majeure», alerte Ève Bazaiba


L’épidémie d’Ebola qui sévit dans la province de l’Ituri est désormais considérée comme une «urgence humanitaire majeure». L’annonce a été faite jeudi à Bunia par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba, lors d’un briefing consacré à la situation humanitaire du pays.

Selon la ministre, cette nouvelle crise sanitaire intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreux défis humanitaires et n’avait pas été prise en compte dans les projections initiales établies pour l’année 2026.

«Ebola constitue désormais une urgence humanitaire majeure qui n’avait pas été initialement prévue dans les projections», a déclaré Ève Bazaiba, soulignant que la gestion de cette crise repose sur la solidarité nationale ainsi que sur les mécanismes d’intervention coordonnés par son ministère.

Une situation humanitaire préoccupante

La ministre a rappelé que le Comité national de coordination des actions humanitaires (CNCAH) avait déjà anticipé, dès la fin de l’année 2025, une aggravation de la situation humanitaire à travers le pays. Les estimations préliminaires faisaient état de plus de 15 millions de personnes susceptibles de nécessiter une assistance humanitaire en 2026, sans compter les nouvelles crises apparues depuis, notamment dans la région d’Uvira.

Face à l’ampleur des besoins et aux ressources limitées disponibles, les autorités ont procédé à un ciblage des populations les plus vulnérables. Ainsi, 7,3 millions de Congolais ont été identifiés comme nécessitant une aide humanitaire urgente, pour un coût estimé à près de 1,4 milliard de dollars américains.

Un déficit de financement sans précédent

L’un des principaux obstacles à la réponse humanitaire demeure le manque de financement. Selon Ève Bazaiba, la RDC fait face à une crise financière sans précédent à la suite du retrait ou de la réduction des contributions de ses principaux bailleurs de fonds traditionnels.

«L’aide américaine n’est plus disponible et le Royaume-Uni a également réduit son appui», a-t-elle indiqué. D’après la ministre, les financements américains représentaient près de 70 % de l’aide humanitaire destinée à la RDC, tandis que les contributions britanniques en constituaient environ 15 %.

«Cela signifie qu’environ 85 % des financements humanitaires traditionnels ne sont plus disponibles», a-t-elle précisé.

De nouveaux partenaires sollicités

Pour compenser ce manque à gagner, le gouvernement congolais a engagé des discussions avec de nouveaux partenaires internationaux. L’Allemagne ainsi que d’autres pays ont répondu favorablement aux sollicitations de Kinshasa.

À ce jour, environ 417 millions de dollars ont été mobilisés. Toutefois, ces ressources ne sont pas encore directement accessibles au gouvernement congolais.

«Nous devons nous réunir avec les partenaires afin de définir les priorités d’intervention», a expliqué la ministre, annonçant la tenue prochaine d’une concertation stratégique destinée à accélérer le déblocage des fonds.

Malgré les difficultés, le gouvernement assure vouloir maintenir la transparence dans la gestion de l’aide humanitaire. Les données relatives aux financements et aux besoins humanitaires restent accessibles au public via les plateformes du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Alors que l’épidémie d’Ebola progresse en Ituri, les autorités congolaises appellent à une mobilisation accrue de la communauté nationale et internationale afin d’éviter une aggravation de la situation sanitaire et humanitaire dans cette région déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de populations.

La Rédaction